CultureÀ Saint-Gervais, l'ascenseur valléen de Poma lancé en 2025 revendique 321.000 clients

À Saint-Gervais, l’ascenseur valléen de Poma lancé en 2025 revendique 321.000 clients

Poma, industriel français du transport par câble, dit réaliser aujourd’hui plus de 500 millions d’euros de chiffre d’affaires, dont 70% à l’export dans 30 pays, et compter 8.000 installations dans le monde. L’entreprise, fondée en 1947, explique que 60% de son activité concerne désormais les télécabines urbaines et touristiques. À Saint-Gervais (Haute-Savoie), son « ascenseur valléen », un projet à 45 millions d’euros lancé en 2025, revendique 321.000 clients la première année.

Longtemps associé aux stations de ski, le transport par câble s’est installé dans les déplacements du quotidien. Poma, l’un des deux leaders mondiaux du secteur avec l’autrichien Doppelmayr, met en avant ce basculement vers l’urbain, où les exigences d’exploitation et de débit changent d’échelle.

Une activité qui bascule vers l’urbain, selon Poma

Fabien Felli, PDG de Poma, présente le câble comme une réponse aux besoins de « mass transit » quand il faut franchir un obstacle, comme « une autoroute » ou « un fleuve ». Le dirigeant cite Medellín, où une télécabine reliée au métro transporte 40.000 personnes par jour.

Poma indique que cette diversification, engagée dès 2004, a modifié l’équilibre de son activité: 60% concernent aujourd’hui les télécabines urbaines et touristiques, contre 40% pour la montagne. Le groupe mentionne des réalisations urbaines à Toulouse et à New York, ainsi que des installations en Colombie, en République dominicaine et en Mongolie.

À Saint-Gervais, un « ascenseur valléen » à 45 millions d’euros lancé en 2025

Exemple mis en avant par l’industriel: l’ascenseur valléen de Saint-Gervais (Haute-Savoie), présenté comme un équipement hybride reliant la gare SNCF du Fayet au village, puis le village au domaine skiable. Poma chiffre le projet à 45 millions d’euros et précise qu’il a été lancé en 2025.

Guillaume Grelier, chef de secteur Valléen chez Poma, affirme que la fréquentation a dépassé les attentes du groupe, avec plus de 600 personnes par jour en basse saison et jusqu’à 5.700 en haute saison. Il met en avant un passage « cadencé » avec des cabines accessibles toutes les 15 secondes. Poma dit avoir transporté 321.000 clients la première année et assure que l’équipement a contribué à réduire le trafic routier, avec « moins de bus, moins de voitures et moins de pollution ».

Le groupe souligne aussi les limites rencontrées sur ce type de projets: des riverains évoquent parfois une pollution visuelle, susceptible de déboucher sur des recours au lancement.

Un groupe très exportateur, avec une production revendiquée "100% française"

Un groupe très exportateur, avec une production revendiquée « 100% française »

Poma se présente comme une entreprise française fondée en 1947, à l’origine de modèles marquants en montagne, dont ses cabines « œufs », apparues en 1966. Le groupe affirme réaliser plus de 500 millions d’euros de chiffre d’affaires, avec 70% à l’export dans 30 pays, et compter 8.000 installations dans le monde.

Le marché mondial est décrit comme concentré: deux groupes se partagent le secteur, Poma et Doppelmayr, après des rachats d’acteurs spécialisés. Poma précise avoir été racheté en 2000 par le groupe italien HTI.

Sur l’outil industriel, Fabien Felli explique que la fabrication reste en France, sur quatre sites situés entre la Savoie, la Haute-Savoie et l’Isère, avec une seule unité de production à l’étranger, aux États-Unis, pour se rapprocher des clients américains. Le PDG indique que Poma produit 2.500 cabines par an et insiste sur une fabrication adaptée projet par projet, avec 18 tailles différentes possibles pour une même cabine.

Des appels d’offres visés pour les Alpes en 2030

Poma indique avoir perdu le contrat du C1 à Créteil, « mis en service cette année », et dit vouloir se positionner sur des projets liés aux Jeux olympiques d’hiver dans les Alpes en 2030. Le groupe prévoit de candidater à trois projets d’accès bénéficiant d’une enveloppe de 124 millions d’euros apportée par l’État et la Région Auvergne-Rhône-Alpes.

Fabien Felli explique que la montagne reste un marché « stable », tout en soulignant que le changement climatique pousse l’entreprise à s’adapter, et que l’urbain implique une exploitation « tous les jours, toute l’année », avec des ajustements sur l’accès, la fréquence et la taille des cabines.

À retenir

  • Poma est une entreprise française fondée en 1947, l’un des deux leaders mondiaux du transport par câble.
  • Le groupe réalise aujourd’hui plus de 500 millions d’euros de chiffre d’affaires, dont 70% à l’export.
  • Poma revendique 8.000 installations présentes dans le monde, dans de nombreux pays.
  • Poma a été racheté en 2000 par le groupe italien HTI, conglomérat industriel et technologique.
  • Le groupe exploite quatre sites industriels en France et produit aujourd’hui 2.500 cabines par an.

Questions fréquentes

Que signifie le terme « Pomalift » aux États-Unis?
« Aux États-Unis, pour dire téléski, on dit « Pomalift », comme on dit « Frigidaire » pour un réfrigérateur ».
Qu’est-ce que Poma et quand l’entreprise a-t-elle été fondée?
« Poma, c’est une entreprise française fondée en 1947 ».
Quel est le chiffre d’affaires de Poma et quelle part est réalisée à l’export?
Poma « réalise aujourd’hui plus de 500 millions d’euros de chiffre d’affaires, dont 70% à l’export dans 30 pays ».
Combien d’installations Poma sont présentes dans le monde?
« En tout, 8.000 de ses installations sont présentes dans le monde. »
Où Poma produit-il ses équipements et quel est son volume de production de cabines?
« On a gardé la capacité de produire ici dans nos usines, tout est fait ici, de la R& D dans notre bureau d’études, en passant par l’usinage des pièces, l’assemblage, la peinture jusqu’aux livraisons. Nous produisons aujourd’hui 2.500 cabines par an. »
Clémence Dubeau
Clémence Dubeau
Parisienne d'adoption passée par Marseille et Bordeaux, Clémence couvre la culture, les sorties et les événements qui animent les grandes villes françaises. Expos, festivals, ouvertures de lieux, scène gastronomique elle repère ce qui fait vibrer chaque métropole avant tout le monde. Ancienne chroniqueuse radio, elle écrit comme elle parle : avec rythme et sans détour.

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