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Tribunal d’Angoulême : bataille judiciaire autour de la succession du Festival international de la bande dessinée

Le tribunal d’Angoulême a examiné mercredi 16 septembre le contentieux opposant les anciens organisateurs du Festival international de la bande dessinée aux nouveaux attributaires de l’événement. Après deux heures de débats, les magistrats doivent trancher d’ici le 14 octobre sur la question centrale: l’association historique du FIBD et son prestataire 9e Art + ont-ils été spoliés de leur événement par l’ADBDA et le groupe Morgane, lauréat d’un appel à projets pour les cinq années suivantes.

L’édition 2026 du festival n’a pas eu lieu. Cette annulation a déclenché une bataille juridique où chaque camp accuse l’autre d’avoir saboté l’organisation. Devant la présidente du tribunal, Clémentine Blanc, les avocats ont présenté deux versions radicalement opposées des événements.

Spoliation ou parasitisme?

Pour Me Renaud Montini, avocat de 9e Art +, l’affaire relève du « crime avec préméditation ». Son client estime les pertes liées au fiasco de 2026 à 1,6 M€. Le prestataire, aux manettes depuis 2007, argue que l’organisation de l’édition 2027 aurait permis de récupérer cet investissement. Selon lui, le lancement simultané d’un appel à projets par l’ADBDA a paralysé les efforts commerciaux: comment convaincre des sponsors de soutenir un festival dont le futur était déjà en appel d’offres?

L’avocat de 9e Art + vise aussi les financeurs publics. L’ADBDA, qui rassemble collectivités, auteurs et éditeurs, servirait de « bras armé » aux pouvoirs publics. Le 20 novembre 2025, collectivités et État ont appelé à l’annulation du festival et du versement de leurs subventions. Me Élodie Dujon, conseil de l’association historique du FIBD, soutient que les partenaires ont « asphyxié financièrement les organisateurs ». 9e Art + assigne d’ailleurs collectivités et État au tribunal administratif pour ce litige.

Distinction ou plagiat?

Les ex-responsables affirment que le groupe Morgane répliquera simplement les éditions antérieures: même ville, mêmes dates, même marché international des droits. Me François Stefanaggi, pour Morgane, réplique que son client « va tout faire pour s’en distinguer ». Me Thierry Wickers, avocat de l’ADBDA, énumère les innovations annoncées: dotation des prix, droits de monstration, prévention des violences sexistes et sexuelles.

Ce dernier point se cristallise autour d’un incident survenu en 2024: un viol dans l’organisation que 9e Art + n’aurait pas géré correctement, suivi du licenciement de la victime.

Propriété intellectuelle: un rebondissement
Propriété intellectuelle: un rebondissement

Propriété intellectuelle: un rebondissement

Le rebondissement le plus imprévu vient de la question soulevée par l’avocat de Morgane sur la marque elle-même: à qui appartient « Festival international de la bande dessinée »? Le tribunal judiciaire d’Angoulême n’est pas compétent en matière de propriété intellectuelle. Si les magistrats concluent à leur incompétence, l’affaire basculerait devant une juridiction de Bordeaux, repoussant drastiquement une décision.

Le groupe Morgane continue son travail de conception du nouveau festival, mais tout reste conditionné au délibéré du 14 octobre. Aucune communication officielle avant cette date.

À retenir

  • Le tribunal d' Angoulême a entendu pendant plus de deux heures les plaidoiries des anciens et nouveaux organisateurs du Festival de la bande dessinée.
  • Les magistrats doivent rendre leur décision le 14 octobre sur la spoliation alléguée de l' association FIBD et du prestataire 9e Art +.
  • L' avocat de 9e Art + évalue les pertes liées à l' annulation de 2026 à 1,6 million d' euros.
  • L'édition 2026 du Festival de la bande dessinée d' Angoulême a été annulée et un nouvel appel à projets a été lancé pour les cinq années suivantes.
  • 9e Art + assigne les partenaires publics au tribunal administratif pour les mesures d' annulation du festival prises le 20 novembre 2025.

Questions fréquentes

Quel est l' enjeu principal du procès au tribunal d' Angoulême concernant le Festival de la bande dessinée?
Les magistrats doivent déterminer si l’association historique du Festival international de la bande dessinée (FIBD) et son prestataire 9e Art + ont été spoliés par l’Association pour le développement de la bande dessinée à Angoulême (ADBDA) et le groupe Morgane, lauréat de l’appel à projets pour la réalisation des cinq années à venir.
Quand le tribunal d' Angoulême rendra-t-il sa décision?
Les magistrats se donnent jusqu’au 14 octobre pour rendre leur décision.
Quel montant est en jeu dans ce litige?
Dans la balance: 300 000 euros d’indemnités et provisions ainsi que l’annulation dudit appel à projets.
Depuis quelle année 9e Art + était-elle aux commandes du festival?
L’entreprise de Franck Bondoux est aux manettes depuis 2007.
Quand les collectivités et l'État ont-ils appelé à l' annulation du FIBD?
Le 20 novembre 2025, collectivités et État ont appelé à l’annulation du FIBD et donc de leurs subventions.
Adriana
Adrianahttps://lemetropolitan.fr/
Née à Lyon, Adriana a couvert l'actualité des métropoles françaises pendant huit ans pour la presse régionale avant de rejoindre Le Metropolitan. Passionnée d'urbanisme et de mobilité, elle décrypte les transformations qui façonnent le quotidien des citadins, des nouvelles lignes de tramway aux projets de piétonnisation. Quand elle ne sillonne pas les rues de Bordeaux ou Marseille, elle tient un carnet de croquis des marchés de quartier.

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