Anne-Sophie Pic ferme son restaurant à Lausanne après 17 ans et se concentre sur Paris, où elle inaugure deux adresses à la Fondation Cartier. La cheffe drômoise revient sur son attachement au terroir et sa conviction que la mixité en cuisine stimule la créativité.
Ce mois-ci, un nouveau restaurant ouvrira ses portes à Paris, au sein de la Fondation Cartier pour l’art contemporain. Anne-Sophie Pic y pose ses nouvelles ambitions après avoir annoncé la fermeture de son établissement lausannois installé au Beau-Rivage Palace, où elle collaborait depuis 17 ans. Avant le restaurant, un bar à cocktails nommé Utopic a déjà lancé ses opérations début septembre au même lieu.
Un ancrage dans la Drôme, une cuisine qui voyage
Pic vit toujours à Valence, sa ville natale, qu’elle décrit comme sa maison et l’ancrage de sa créativité. La Drôme, première région bio de France selon ses dires, incarne cette richesse de produits et de savoir-faire dont elle se nourrit. Pourtant sa géographie culinaire s’étend bien au-delà: Paris, bientôt Megève dans les Alpes, Londres, Lausanne, Singapour. Elle présente ces implantations non comme des distractions mais comme autant de terroirs découverts au fil des années, des rencontres qui enrichissent directement son identité culinaire. « Ma créativité se nourrit de la nature qui m’entoure mais également des terroirs que j’ai pu découvrir au fil des ans », confie-t-elle.
La sensibilité n’est pas une affaire de genre
La cheffe en profite pour aborder la place des femmes en cuisine, un sujet qui la préoccupe. Pour elle, cuisiner c’est susciter une émotion par le goût, donc faire preuve de sensibilité. Elle refuse pourtant de genrer cette qualité: « Au nom de quoi la sensibilité serait un attribut féminin? Un cuisinier crée un univers et une identité culinaires qui lui appartiennent, indépendamment de son genre. »
Elle pointe le paradoxe du secteur: la cuisine familiale a toujours été largement l’affaire des femmes, tandis que le métier de chef est resté historiquement dominé par les hommes. Selon elle, ce déséquilibre ignore les qualités réelles nécessaires au métier: « C’est un métier dans lequel les femmes ont toute leur place, car elles vivent pleinement leur engagement, font preuve de ténacité, d’endurance, de concentration… mais aussi de sensibilité et d’humilité! »
C’est précisément cette complémentarité qu’elle défend dans ses propres brigades. « Je défends la mixité en cuisine, car la complémentarité homme/femme permet de travailler dans une ambiance sereine et apaisée; cette mixité représente pour moi une grande source de créativité », conclut-elle.
À retenir
- Anne-Sophie Pic ferme son restaurant lausannois au Beau-Rivage Palace après 17 ans de collaboration.
- Elle inaugure deux adresses à Paris à la Fondation Cartier: un bar Utopic et un nouveau restaurant.
- Anne-Sophie Pic vit à Valence, sa ville natale, et s' ancre profondément dans son terroir drômois.
- Elle défend la mixité en cuisine, considérant la complémentarité homme-femme comme source de créativité culinaire.
- Sa cuisine s' inspire à la fois de son terroir natal et des terroirs découverts lors de ses voyages mondiaux.
Questions fréquentes
- Pourquoi Anne-Sophie Pic ferme-t-elle son restaurant à Lausanne?
- La source n’indique pas les raisons de cette fermeture. On sait seulement qu’après 17 ans de collaboration, la cheffe ferme son restaurant installé au Beau-Rivage Palace.
- Quelles sont les deux nouvelles adresses d' Anne-Sophie Pic à Paris?
- Un bar à cocktails baptisé Utopic, déjà ouvert début septembre, et un tout nouveau restaurant attendu ce mois-ci, tous deux au sein de la Fondation Cartier pour l’art contemporain.
- Où vit Anne-Sophie Pic et quel est son lien à ce lieu?
- Elle vit à Valence, sa ville natale, où elle est profondément attachée. Elle revendique cet ancrage comme une véritable richesse puisque la Drôme est la première région bio de France.
- Quel est selon Anne-Sophie Pic le rôle de la sensibilité en cuisine?
- Pour elle, cuisiner c’est susciter une émotion par le goût, c’est donc faire preuve de sensibilité. Elle refuse de genrer cette qualité et affirme qu’un cuisinier crée un univers et une identité culinaires qui lui appartiennent, indépendamment de son genre.