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850 millions d’euros, en 2026, un réseau cyclable express banlieue-centre, ce qui change pour vous à Paris

La mairie de Paris a dévoilé le 30 juin 2026 son plan vélo 2027-2032, le plus ambitieux d’Europe avec un budget de 850 millions d’euros. Le projet prévoit 180 km de pistes cyclables express (REV) reliant les communes de banlieue au centre-ville en moins de 30 minutes. Douze axes radiaux traverseront la capitale, connectant Vincennes, Saint-Denis, Boulogne, Montreuil et Créteil au cœur de Paris.

Ce mardi matin, dans une salle comble de l’Hôtel de Ville, Anne Hidalgo présente les plans détaillés de ce qui s’annonce comme la plus grande transformation cyclable parisienne depuis deux décennies. Les cartes affichées montrent un maillage serré, précis, chirurgical. Chaque ligne en bleu représente une piste large de 4 mètres, bidirectionnelle, physiquement séparée de la chaussée par des bordures en granit. Le timing est affiché : moins de 30 minutes pour relier Vincennes au cœur de Paris, 25 minutes depuis Saint-Denis. La salle retient son souffle quand la mairesse annonce le chiffre qui fâchera : 12 000 places de stationnement automobile supprimées pour faire place aux pistes.

Les douze axes radiaux et le calendrier de déploiement

Le projet se structure autour de douze axes prioritaires convergeant vers le centre de Paris. Vincennes, Boulogne, Montreuil, Créteil et Saint-Denis figurent parmi les communes connectées directement. Chaque axe bénéficiera des mêmes standards : séparation physique complète, pentes régulées, carrefours sécurisés. La première phase (2027-2029) couvrira 80 km sur cinq axes jugés stratégiques, concentrant l’effort budgétaire sur les corridors les plus empruntés.

Le reste du réseau s’étendra progressivement jusqu’en 2032. Cette temporalité répond à un impératif administratif et à la réalité des expropriations, des négociations foncières, des travaux de génie civil. Chaque kilomètre demande des mois de concertation, d’études de sol, de gestion des réseaux souterrains (électricité, eau, gaz). Les chiffres parlent d’eux-mêmes : 180 km en cinq ans, c’est une moyenne de 36 km par an, soit le double du rythme des années précédentes.

Stationnement sécurisé, Vélib cargo et interconnexion régionale

Au-delà des pistes elles-mêmes, le plan prévoit un doublement des services périphériques. 15 000 arceaux supplémentaires seront implantés pour les vélos standards. Plus novateur encore : 50 stations Vélib de nouvelle génération proposant des vélos cargo et électriques, destinées à convertir les trajets courts actuellement réalisés en automobile. 200 consignes sécurisées près des gares RER garantissent la continuité intermodale, répondant à une demande ancienne des cyclistes franciliens qui veulent laisser leur vélo sans crainte.

L’inscription dans l’écosystème régional s’avère déterminante pour la viabilité du projet. Île-de-France Mobilités cofinance 35 % du programme, soit environ 300 millions d’euros. Cette participation n’est pas une formalité : Valérie Pécresse, présidente de la Région, a conditionné ce financement à l’interconnexion avec le réseau cyclable régional VélIDF. Le Réseau Express Vélo doit s’articuler harmonieusement avec les aménagements en banlieue, créant une véritable colonne vertébrale cyclable francilienne. C’est la condition implicite de tout financement régional : pas d’isolat, pas de réseau fermé.

Les associations applaudissent, l’opposition brandit les chiffres

Sur la gauche de l’échiquier politique parisien, les réactions oscillent entre enthousiasme prudent et demandes d’engagement ferme. Mieux se Déplacer à Bicyclette et Paris en Selle saluent le plan mais demandent des engagements contraignants sur les délais de réalisation. Ces associations, fortes de dizaines de milliers d’adhérents, connaissent les promesses oubliées, les projets dilués, les calendriers repoussés. Elles demandent des verrous juridiques, pas seulement des intentions politiques.

À droite, c’est l’offensive. L’opposition LR au Conseil de Paris dénonce frontalement un plan anti-voiture et chiffre à 45 000 le nombre total de places de stationnement supprimées depuis 2014, dont 12 000 rien qu’avec ce programme. Les calculs volent bas : pour chaque place perdue, c’est un électeur de centre-droit de moins, pensent les conseillers républicains. Les chiffres deviennent des armes. Or, selon une étude de l’Atelier Parisien d’Urbanisme, 15 % des déplacements domicile-travail dans Paris intra-muros se font déjà à vélo, contre seulement 5 % en 2019. La trajectoire est claire. Et l’objectif affiché : 25 % en 2032, soit un doublement en treize ans.

Une métamorphose d’ici 2032

Ces chiffres de part modale révèlent une métamorphose en cours. Le vélo n’est plus l’apanage des militants écologistes ou des intégristes de la petite reine. C’est devenu un mode de transport de masse à Paris, particulièrement pour les trajets domicile-travail intra-muros de moins de 5 km. Les usagers sont des cadres, des étudiants, des mères de famille, des professions libérales. Ils ne demandent qu’une chose : des pistes sûres, rapides, séparant le cycliste du flot automobile.

L’investissement de 850 millions d’euros, quoique massif, doit être contextualisé. Paris consacre environ 100 millions par an à l’entretien et l’extension de son réseau routier automobile. Ce plan vélo représente donc un réallocation stratégique, non une dépense supplémentaire isolée. La question qui demeure : ces 180 km de pistes express suffisent-ils à absorber la croissance attendue du cyclisme urbain, ou faudra-t-il poursuivre l’effort au-delà de 2032 ?

À retenir

  • 850 millions d'euros investis pour 180 km de pistes cyclables express reliant banlieue et centre-ville en moins de 30 minutes
  • 12 000 places de stationnement automobile supprimées pour dégager l'espace des douze axes radiaux prioritaires
  • Part modale du vélo passée de 5 % en 2019 à 15 % des déplacements domicile-travail en 2026, objectif 25 % en 2032
  • Île-de-France Mobilités finance 35 % du projet via son réseau régional VélIDF interconnecté
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