Quatre expositions majeures occupent Paris de septembre 2026 à janvier 2027, mettant à l’honneur la peinture sous ses multiples facettes: Tintoret et la Renaissance vénitienne au Jacquemart-André, Eva Gonzalès et son parcours d’artiste à l’ombre du maître au Petit Palais, Andy Warhol et ses dessins méconnus au Luxembourg, et Kerry James Marshall, premier peintre noir américain à bénéficier d’une grande rétrospective française au Musée d’art moderne.
C’est une rentrée peinte que propose la capitale. Quatre expositions d’ampleur transforment les galeries parisiennes en autant de portes vers des mondes visuels distincts, chacune révélant un pan méconnu ou redécouvert de la peinture occidentale et contemporaine.
Tintoret et la Renaissance en quarante chefs-d’œuvre
Au musée Jacquemart-André, une première française attend dès le 11 septembre 2026: « Éternel Tintoret ». Jacopo Robusti, dit le Tintoretto – « le petit teinturier » – en référence ironique à son père travaillant dans une teinturerie de Venise, n’avait jamais bénéficié en France d’une rétrospective d’ensemble. Les quarante œuvres rassemblées explorent sa carrière entière, de ses débuts jusqu’à sa mort en 1494, mettant en lumière un artiste qui n’a jamais quitté la Cité des Doges mais inspira durablement Ingres, Delacroix et Cézanne. Ses compositions sont reconnaissables entre toutes: compositions audacieuses, dynamisme débridé, touche rapide et très reconnaissable.
Horaires: lundi au jeudi 10h-18h, vendredi 10h-22h, samedi-dimanche 10h-19h. Tarifs: 19 euros (plein) et 16 euros (réduit). Jusqu’au 24 janvier 2027.
Eva Gonzalès, enfin restituée à sa juste place
Le Petit Palais, à partir du 15 septembre 2026, accorde à Eva Gonzalès sa première grande rétrospective, en France comme à l’étranger. Cette peintre française d’origine espagnole reste inséparable d’Édouard Manet, dont elle fut l’unique élève, et que le maître a portraiturée en 1870 au chevalet. Son destin fut brisé: elle meurt en 1883, quelques jours seulement après Manet, à la suite de complications liées à l’accouchement de son fils, à peine trentenaire. Une centaine de ses tableaux, pastels et gravures sont présentés – une voix singulière étouffée par son époque, mais aussi par la postérité qui préféra Berthe Morisot et Mary Cassatt. Gonzalès portait un regard attentif et sensible vers les enfants, omniprésents dans ses compositions.
Horaires: mardi-dimanche 10h-18h, vendredi-samedi 10h-20h. Tarifs: 14 euros (plein) et 12 euros (réduit). Jusqu’au 24 janvier 2027.
Andy Warhol au-delà des boîtes de soupe
Le musée du Luxembourg redéfinit Warhol à partir du 16 septembre 2026. Loin des serigraphies iconiques et des portraits de Marilyn Monroe, l’exposition « Andy Warhol, la ligne et l’image » plonge dans son activité de dessinateur, parfois oubliée. Dès 14 ans, il signe son premier autoportrait – Andrew Warhola – et ne lâchera jamais le crayon ou la plume jusqu’à sa mort prématurée en 1987, à 58 ans. Cent cinquante croquis, caricatures, portraits, quelques peintures et des documents d’archive permettent de suivre une carrière foisonnante sur quatre décennies, du cœur du pop art à ses derniers travaux.
Horaires: tous les jours 10h30-19h, lundi jusqu’à 22h. Tarifs: 14 euros (plein), 10 euros (réduit), gratuit pour les moins de 16 ans. Jusqu’au 10 janvier 2027.
Kerry James Marshall, peinture et mémoire noire
Au Musée d’art moderne de Paris, à partir du 18 septembre 2026, c’est une première: Kerry James Marshall, 70 ans, seul artiste vivant de cette sélection d’automne, bénéficie de sa première grande exposition en France. Soixante-dix œuvres sont réunies, dont huit peintures que l’artiste a créées spécialement pour l’occasion. Né à Watts, le quartier noir de Los Angeles secoué par les émeutes raciales de l’été 1965, Marshall a choisi de placer les personnes noires au cœur de son travail. Grandes compositions chamarrées, groupes humains, représentations du passage forcé des Africains réduits en esclavage vers l’Amérique, héritage du mouvement pour les droits civiques et du Black Power: Marshall aborde frontalement les enjeux de la mémoire noire sans illustrer directement la violence. L’exposition, conçue avec l’artiste lui-même, traverse plus de quarante ans de création – peinture, gravure, dessin, sculpture.
Horaires: mardi-dimanche 10h-18h, jeudi 10h-21h30. Tarifs: 17 euros (plein), 15 euros (réduit), gratuit pour les moins de 18 ans. Jusqu’au 24 janvier 2027.
À retenir
- Tintoret au musée Jacquemart-André présente quarante œuvres du peintre Renaissance vénitien du 11 septembre 2026 au 24 janvier 2027.
- Eva Gonzalès, élève d'Édouard Manet, n' avait jamais bénéficié d' une rétrospective d' envergure en France ou à l'étranger avant cette exposition.
- Eva Gonzalès décéda en 1883, quelques jours après Manet, à l'âge de 34 ou 36 ans, suite à une naissance difficile.
- Une centaine de tableaux, pastels et gravures d' Eva Gonzalès est réunie au Petit Palais du 15 septembre 2026 au 24 janvier 2027.
- Andy Warhol au musée du Luxembourg entend montrer que son talent dépasse les sérigraphies de boîtes Campbell et portraits de célébrités.
Questions fréquentes
- Quelle est l' origine du surnom de Tintoret?
- En italien, il Tintoretto signifie le petit teinturier. Jacopo Robusti doit ce surnom à son père qui travaillait dans une teinturerie vénitienne.
- Combien d'œuvres de Tintoret seront exposées au musée Jacquemart-André?
- Une quarantaine d’œuvres, les plus transportables, sont réunies et présentent pour la première fois en France un panorama de l’ensemble de sa longue carrière.
- Quel était le lien entre Eva Gonzalès et Édouard Manet?
- Eva Gonzalès fut l’unique et brillante élève de l’impressionniste Édouard Manet, qui l’a représentée en 1870 avec son chevalet, sa palette et son pinceau.
- À quel âge Eva Gonzalès est-elle décédée?
- Elle avait 34 ou 36 ans seulement, décédant en 1883 quelques jours seulement après son mentor, suite à la naissance difficile de son fils.
- Quels types d'œuvres d' Eva Gonzalès seront présentés au Petit Palais?
- Une centaine de ses tableaux, pastels et gravures est réunie au Petit Palais.