Les anciens marins de Sanary-Ollioules et Six-Fours rendent hommage aux disparus du Torpilleur 102

Samedi matin, dans les allées du cimetière Reynier, une troupe silencieuse avance entre les tombes.

Monsieur Perrier annonce : « Nous sommes réunis devant cette stèle pour rendre hommage aux 6 marins disparus lors du naufrage du Torpilleur 102, en mars 1889, près de l’île du Rouveau et plus largement à tous les marins disparus en mer … » 

Après le dépôt des gerbes, la « sonnerie aux morts » jouée à l’harmonica par Alain Christian Desbarat et la traditionnelle minute de silence, Didier Carton, conte l’histoire du Torpilleur 102 avec émotion.

« Construit à La Seyne en 1887, le Torpilleur 102 est affecté à Toulon traversant sans aléas les essais et la Rade. 

Deux ans après, le vendredi 1er mars 1889 à 14h, une petite flottille de six torpilleurs commandés par le capitaine de Frégate Vincenot, quitte Bandol pour rentrer à Toulon. Le mistral souffle et la Méditerranée se gonfle un peu avec des creux de 1,50 à 2mètres. 

Le 102, comme ses compagnons de route file à 12 noeuds et le roulis n’a rien d’exagéré. 

Soudain à 1000 mètres au Nord-est du grand Rouveau vers la Casserlane, il s’incline sur bâbord et fait le tour quille en l’air. Le commandant, le LV Shilling et 9 hommes sont sauvés mais 6 périssent dont 3 dans les chambres des machines. 

Avant que le Torpilleur 102 ne coule, des amarres sont passées mais elles cassent, il va vers le fond à 16h10. Il restera quelques mois par 35 mètres de fond, puis renfloué, il servira jusqu’en 1907. 

Cependant, un événement insolite va rappeler ce drame. Sept mois plus tard, en octobre, le patron pêcheur Pierre Roux capture dans ses filets à thon un requin de 5 mètres de long. En ouvrant le monstre on découvre et identifie les restes de l’un des deux matelots disparus.

Le souvenir Français a fait ériger dans le vieux cimetière de Six-Fours, un tombeau dédié aux victimes de ce naufrage dont les corps n’ont pas été réclamés par les familles ». 

Jean-pierre Sauvanaud, Président de l’AMMAC, reprend : « Dans ces périodes actuelles, il est impératif de se souvenir que ce pays n’a pas toujours été libre, il est important de se rappeler que des hommes et des femmes se sont battus, sont morts, ont été mutilés pour libérer notre pays. Il est important de se rappeler que la paix n’est jamais acquise une fois pour toute ».

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