Le réseau Tempo de l’agglomération d’Agen s’étend à 44 communes à partir du 31 août 2026, desservant environ 100 000 habitants. Cette refonte introduit sept lignes urbaines régulières, un service de transport sur réservation fonctionnant dès 4 heures du matin, et neuf nouveaux bus électriques, mais suscite des inquiétudes sur le transport scolaire.
La rentrée scolaire 2026 marquera un tournant dans la mobilité de l’agglomération d’Agen. Selon Nicolas Becaas, directeur de Kéolis, et Philippe Sofys, vice-président en charge des transports, le nouveau réseau Tempo répond à une logique de couverture territoriale pensée pour l’entièreté des habitants. Jusqu’à présent fragmenté, le système de transport commun se restructure autour de trois ambitions affichées: réduire l’isolement des communes périphériques, désengorger le centre-ville et promouvoir des modes de déplacement écologiques.
Un service de réservation pour combattre l’isolement rural
L’innovation majeure de cette refonte réside dans le transport sur réservation (TSR). Le principe retenu privilégie la flexibilité: l’usager indique son heure d’arrivée souhaitée et sa destination via une application mobile ou par téléphone, en effectuant sa réservation jusqu’à deux heures avant le départ. Le réseau communique ensuite l’horaire exact de passage du véhicule.
Ce mécanisme s’adresse particulièrement aux communes éloignées. Un habitant de Saint-Urcisse souhaitant se rendre à un rendez-vous médical en centre-ville d’Agen pourra ainsi réserver un TSR pour rejoindre une ligne urbaine – une solution que l’élue locale a qualifiée d’« extraordinaire » face au problème endémique de l’isolement en milieu rural. Un volet spécifique, baptisé « TSR Actif », fonctionne du lundi au samedi de 4 heures à 7 heures du matin, puis de 20 heures à 23 heures, afin de faciliter les trajets domicile-travail pour les personnes aux horaires décalés.
Sept lignes structurantes et treize parkings relais
Le nouveau maillage urbain repose sur sept lignes régulières en service du lundi au samedi. Elles desservent Lafox, Boé, Pont-du-Casse, Bon-Encontre, Estillac, Sainte-Colombe-en-Bruilhois et Brax – autrement dit, les pôles économiques et résidentiels majeurs de l’agglomération. Cependant, ce redéploiement se traduit par la suppression de trois lignes urbaines existantes.
Pour encourager l’intermodalité, treize parkings relais ont été aménagés dans l’agglomération, permettant aux automobilistes de stationner avant de basculer vers les transports en commun. Cette infrastructure s’inscrit dans une logique de réduction de la congestion routière du centre-ville, l’un des objectifs centraux de la refonte.
Sur le plan environnemental, l’acquisition de neuf nouveaux bus électriques accompagne cette transition. Bien que modeste en volume – le nombre total de véhicules du réseau n’est pas précisé – cette mesure s’inscrit dans la tendance générale des transports urbains français vers la décarbonation.
Les pôles de transfert pour les scolaires: une mesure contestée
La gestion du transport scolaire constitue un point de friction du projet. Afin d’éviter une surcharge des bus aux heures de pointe, des pôles de transfert ont été créés. Le système fonctionne en deux étapes: certains lycéens et collégiens sont d’abord récupérés au plus près de leur domicile, puis transférés vers un pôle où ils empruntent un second bus pour atteindre leur établissement. Les horaires ont été étudiés pour laisser un quart d’heure de marge après la sonnerie, et des accompagnements sont prévus en début d’année pour faciliter cette transition.
Or, le dispositif suscite une opposition significative. Deux pétitions, soutenues par la FCPE 47 (fédération de parents d’élèves), ont été lancées. Les signataires pointent la suppression des arrêts de cars et bus scolaires place Armand-Fallières, craignant des conséquences sur la sécurité, le budget familial et l’organisation quotidienne des parents. Ces critiques avaient déjà émergé début juillet 2026: les usagers de la côte de Gaillard protestaient contre la disparition de leur ligne.
Face à cette mobilisation, Nicolas Becaas a affirmé que « l’organisation du réseau n’est pas figée » et que des ajustements pourront intervenir dans les prochains mois selon les besoins exprimés par les habitants et les communes. Cette concession suggère une volonté de dialogue, même si elle n’efface pas l’inquiétude immédiate sur le terrain.
Une nouveauté positive: la carte scolaire permettra désormais aux élèves d’utiliser l’ensemble du réseau urbain les mercredis après-midi, les samedis et pendant les vacances scolaires – une extension de droits compensant partiellement la contrainte des transferts.
Changement des cartes et harmonisation tarifaire
La refonte administrative ne doit pas être négligée: les actuelles cartes Tempo cesseront de fonctionner le 31 août 2026. Les abonnés recevront automatiquement leur nouvelle carte à domicile, tandis que les détenteurs de cartes cartonnées devront les échanger auprès de l’agence commerciale Tempo à la gare SNCF d’Agen. Les voyages et abonnements existants seront transférés, seul le support change.
Deux mesures commerciales accompagnent ce changement: le paiement par carte bancaire devient possible, et un tarif unique de 1,50 euro est mis en place – une simplification tarifaire répondant à une tendance observée dans plusieurs agglomérations françaises.
Un équilibre fragile entre innovation et acceptabilité
Cette refonte représente une tentative de moderniser l’offre de mobilité en s’appuyant sur des outils technologiques (réservation mobile, géolocalisation) tout en étendant la couverture territoriale. L’introduction du TSR illustre une philosophie nouvelle: adapter le service à la demande plutôt que de forcer l’usager dans un carcan horaire fixe. Pour les territoires ruraux, c’est un progrès réel face à l’isolement structurel.
Reste que la suppression d’arrêts et de lignes génère une friction avec les familles et les parents, particulièrement concernant la sécurité et l’autonomie des enfants. La fenêtre temporelle de deux mois avant l’entrée en vigueur du 31 août 2026 sera cruciale pour mesurer si les ajustements promis suffiront à transformer la contestation en adhésion.
À retenir
- Le réseau Tempo s'étend à 44 communes à partir du 31 août 2026, desservant environ 100 000 habitants.
- Sept lignes urbaines régulières et neuf nouveaux bus électriques seront mis en service.
- Un service de transport sur réservation fonctionnera dès 4 heures du matin avec flexibilité maximale.
- Les utilisateurs réservent via application mobile ou téléphone jusqu'à deux heures avant le départ.
- La refonte vise à réduire l' isolement rural, désengorger le centre-ville et promouvoir l'écologie.
Questions fréquentes
- À partir de quand le réseau Tempo s'étendra-t-il à 44 communes?
- Le réseau Tempo s’étendra à 44 communes à partir du 31 août 2026, coïncidant avec la rentrée scolaire 2026.
- Combien de nouveaux bus électriques seront intégrés au réseau?
- Neuf nouveaux bus électriques seront ajoutés au réseau Tempo lors de cette refonte.
- Comment fonctionne le service de transport sur réservation?
- L’usager indique son heure d’arrivée souhaitée et sa destination via une application mobile ou par téléphone, en réservant jusqu’à deux heures avant le départ. Le réseau communique ensuite l’horaire exact de passage du véhicule.
- Combien d' habitants seront desservis par le nouveau réseau?
- Le nouveau réseau Tempo desservira environ 100 000 habitants de l’agglomération d’Agen.
- Quels sont les trois objectifs principaux de cette restructuration?
- Les trois ambitions sont de réduire l’isolement des communes périphériques, de désengorger le centre-ville et de promouvoir des modes de déplacement écologiques.