CultureLe diptyque "La Bataille de Gaulle" dépasse les 5 millions d'entrées et...

Le diptyque « La Bataille de Gaulle » dépasse les 5 millions d’entrées et devient le succès français de l’été 2026

Le diptyque « La Bataille de Gaulle » a franchi la barre des 5 millions d’entrées, devenant le succès français de l’été 2026. Après un démarrage difficile au box-office, le film réalisé par Antonin Baudry a connu une remontée remarquable, portée par le bouche-à-oreille. Un parcours atypique pour un projet au budget estimé entre 74 et 80 millions d’euros, l’un des plus ambitieux du cinéma français.

Dépasser les 5 millions de spectateurs pour un film français, c’est déjà remarquable. Mais cette performance revêt une dimension particulière quand on considère le trajet emprunté: « La Bataille de Gaulle » a d’abord déçu. À sa sortie, le premier volet n’a attiré que quelques centaines de milliers de spectateurs par semaine. Or, le film s’est solidement accroché, effectuant ce que les professionnels du cinéma qualifient rarement de « belle remontada ». Cela place le diptyque bien devant les autres succès français de l’été: « De la Comédie-Française » frôle le million d’entrées, tandis que « Tombé du ciel » en totalise 600 000.

Une ambition forgée depuis deux décennies

L’origine du projet remonte loin. Jérôme Seydoux, co-Président de Pathé, rêve de consacrer un film à de Gaulle depuis 20 ans – un étonnement en soi, tant cette figure historique majeure n’a guère inspiré le cinéma français. Le déclic s’est opéré à la lecture des mémoires de l’historien britannique Julian Jackson. Quand l’écriture débute en 2020, Pathé cherche à se repositionner sur les grandes licences et les projets ambitieux valorisant l’expérience cinéma en salles. Le temps s’étire: annoncé en août 2021 avec Antonin Baudry à l’écriture et à la réalisation, le casting ne se précise qu’en août 2023 avec la révélation du nom de Simon Abkarian dans le rôle du Général.

La production elle-même dévoile l’envergure du projet: 150 jours de tournage, dont des reshoots, une durée exceptionnelle comparée aux 30 jours habituels d’un film de cinéma classique. Ce délai s’explique aussi par la décision structurelle de sortir les deux parties à quelques jours d’intervalle plutôt que de laisser plusieurs mois entre les deux, comme cela s’était pratiqué pour « Les Trois Mousquetaires ». La post-production, elle aussi allongée, repousse la sortie de 2025 à juin 2026, avec un lancement au Festival de Cannes pour donner du poids à cette sortie.

L’ambition assumée d’un réalisateur

Antonin Baudry ne cache pas l’intention qui le guide. Lors de la conférence de presse cannoise, il déploie sa vision: « Moi j’aime les films qui me font rêver, qui ont le potentiel de faire rêver. J’ai suivi ce fil là et de le faire à hauteur d’homme, ce qu’ont vécu des gens dans leur présent, c’est à dire sans le regard rétrospectif. Et c’est vrai que ça, ça demande des moyens de cinéma. »

Il revient sur une crainte qui le traverse depuis son premier long métrage, « Le Chant du loup »: la tendance en France à considérer que certains genres cinématographiques relèvent de la compétence américaine. « Je crois qu’on ne devrait pas, nous Français, se priver, abandonner des pans de cinéma. Plusieurs personnes m’avaient dit « oh mais ça en France on ne sait pas faire. Ce sont les Américains qui devraient faire ça ». Et heureusement, j’ai eu la chance d’avoir Jérôme Seydoux et Pathé qui croyaient au cinéma en France. Mais cette réaction m’a frappée car elle venait de professionnels français. »

Un tournage comparé à « Apocalypse Now »
Un tournage comparé à « Apocalypse Now »

Un tournage comparé à « Apocalypse Now »

Le chef de Pathé accepte d’évoquer les coulisses dans une rare interview au Figaro. Interrogé sur le caractère chaotique et coûteux de la production, Jérôme Seydoux ne conteste pas la comparaison à « Apocalypse Now ». « J’emploierais volontiers la référence à Apocalypse Now, qui est pour moi un chef-d’œuvre. La Bataille de Gaulle, à sa manière, a été un tournage extrêmement complexe, marqué par de multiples difficultés. Le fait même de vouloir réaliser deux films a considérablement alourdi l’ensemble et plusieurs aléas sont venus compliquer le travail en cours de route. »

Mais il repose le problème en ces termes: « J’ai toujours pensé que les grands films s’accompagnent souvent de difficultés. Les œuvres ambitieuses ne naissent presque jamais dans la facilité. J’ai donc plutôt vu là le signe d’un film important. Un film de cette ambition ne peut pas être jugé uniquement à l’aune de ses difficultés de fabrication. Ce qui compte, c’est qu’il ait pu exister sous cette forme, avec cette exigence et cette ampleur, malgré tous les obstacles rencontrés. »

Un démarrage qui inquiète, une remontée spectaculaire

Le premier volet, « L’Âge de Fer », sort le 3 juin 2026. Les chiffres du premier week-end glacent: moins de 400 000 entrées. Les deux semaines suivantes reproduisent ce bilan morose, le film perdant progressivement des spectateurs semaine après semaine. La trajectoire redoutée par tous semble s’installer.

Puis survient la semaine de la Fête du cinéma. Le tarif préférentiel de cette opération galvanise les salles. Le film gagne des spectateurs, frôle les 500 000 entrées en une seule semaine. C’est le tournant: de là s’amorce la remontée qui ne cessera de s’accélérer, portée par un bouche-à-oreille devenu contagieux. Atypique, ce parcours l’est profondément: il est extrêmement rare qu’un film, surtout avec un budget de cette taille, connaisse une telle trajectoire, basculant d’une quasi-débâcle commerciale à un succès massif.

Un succès incarné par le casting

Simon Abkarian incarne le général de Gaulle en costard-cravate et en treillis militaire selon les séquences. Le film s’appuie aussi sur Simon Russell Beale et Florian Lesieur. Quant aux critiques, elles se sont montrées plus clémentes que les débuts commerciaux ne l’auraient laissé présager: la presse affiche une note de 3,5, tandis que les spectateurs donnent 4,4 sur 5, reflétant cet engouement construit progressivement.

L’histoire de « La Bataille de Gaulle » raconte donc moins la vie d’un homme politique que le parcours improbable d’une ambition cinématographique française qui refusait de capituler face aux débuts difficiles. Avec 5 millions de spectateurs, le diptyque prouve que, contrairement aux craintes du réalisateur, la France sait encore parier sur du cinéma de grande envergure.

À retenir

  • Le diptyque ' La Bataille de Gaulle' dépasse 5 millions d' entrées, succès français de l'été 2026.
  • Le film réalisé par Antonin Baudry a connu une remontée remarquable après un démarrage difficile.
  • Le budget estimé entre 74 et 80 millions d' euros en fait l' un des projets les plus ambitieux du cinéma français.
  • Jérôme Seydoux, co-Président de Pathé, rêve de ce projet sur de Gaulle depuis 20 ans.

Questions fréquentes

Combien d' entrées le diptyque ' La Bataille de Gaulle' a-t-il atteint?
Le diptyque a dépassé la barre des 5 millions d’entrées, devenant le succès français de l’été 2026.
Quel était le budget du film?
Le budget du diptyque est estimé entre 74 et 80 millions d’euros, l’un des plus ambitieux du cinéma français.
Pourquoi ce succès est-il considéré comme atypique?
Le film a connu un démarrage difficile au box-office avant une remontée remarquable portée par le bouche-à-oreille, ce qui est rarissime pour un projet au budget si important.
Qui a réalisé ' La Bataille de Gaulle'?
Le film a été réalisé par Antonin Baudry.
Depuis combien de temps ce projet était-il en gestation?
Jérôme Seydoux, co-Président de Pathé, rêve de consacrer un film à de Gaulle depuis 20 ans, et l’écriture a commencé en 2020.
Clémence Dubeau
Clémence Dubeau
Parisienne d'adoption passée par Marseille et Bordeaux, Clémence couvre la culture, les sorties et les événements qui animent les grandes villes françaises. Expos, festivals, ouvertures de lieux, scène gastronomique elle repère ce qui fait vibrer chaque métropole avant tout le monde. Ancienne chroniqueuse radio, elle écrit comme elle parle : avec rythme et sans détour.

À consulter sur LeMetro