18.6 C
Toulon
jeudi 26 mai 2022

La flore du Brusc et sa protection expliquée aux lycéennes 

En ce début de semaine, une quarantaine d’élèves du lycée de la Coudoulière sont parties en randonnée en longeant le littoral.

Une sortie sportive pour clôturer l’année scolaire. 

Mme Fratczaka, professeure d’EPS raconte : « C’est une sortie de fin d’année qui se veut sportive ! Les élèves marcheront 13 kilomètres dans la journée. Nous partirons du lycée pour nous rendre jusqu’à l’île du Gaou et en faire le tour. Au milieu de notre périple, nous rejoindrons une conférencière, Paule Zucconi, ancienne garde du littoral qui expliquera son métier et sensibilisera les plus jeunes au respect de la  biodiversité. » 

Empêcher les constructions sur le littoral et restaurer la biodiversité. 

Sur le belvédère de la Maison du Patrimoine, les élèves découvrent l’étendue de la lagune et sa nature vierge, ainsi que de l’autre côté, les habitations de Bandol et de Saint-Cyr. La première question se pose alors, pourquoi cette disparité dans le paysage ? Paule intervient : « Vous pourriez très bien imaginer la belle maison qu’un millionaire aurait pu se construire sur l’île du Gaou, ou encore un complexe hôtelier sur l’île du Grand Rouveau. Et bien c’est pour cette raison que le Conservatoire du Littoral existe. Il achète des terrains importants pour la biodiversité, empêche toute construction et restaure l’écosystème. Lorsque j’ai travaillé sur l’île du Grand Rouveau, des espèces importés par l’homme avaient proliféré à tel point, qu’elles étaient en train de tuer ce qui fait habituellement les bords de la Méditerranée. La plante communément appelée « Griffe de Sorcière » recouvrait une grande partie des espaces. En arrachant cette dernière, sans arroser, sans planter quoi que ce soit, les herbes, les fleurs et les arbres que nos ancêtres voyaient au quotidien ont fait leur retour presque instantanément. C’est la même chose avec les rats noirs. Ils y en avaient partout. En effectuant une dératisation, les oiseaux sont revenus nicher car ils n’avaient plus peur qu’on mange leurs oeufs et les lézards ont réapparu ! »

La lagune du Brusc, un bien précieux pour les poissons. 

Et la lagune dans tout cela ? « Le plan d’eau situé entre le littoral, le Gaou et l’île des Embiez joue un rôle primordial de nurserie pour les poissons. Les posidonies qui recouvrent le fond des 48 hectares de la lagune sont notre bien le plus précieux. Ce sont elles qui permettent à des milliers de jeunes poissons côtiers de grandir en toute sécurité avant de regagner les eaux tumultueuses de la Méditerranée. Seulement, avec les activités des hommes, elles s’abiment. Ici, nous n’avons pas de pollutions des eaux, mais des bateaux qui lancent leur ancre et raclent les fonds. Selon la dernière étude réalisée par l’Institut Paul Ricard, nous avons perdu 20% de notre herbier marin. Ce qui n’est pas négligeable même s’il ne faut pas dramatiser. Pour palier à cela, plusieurs mesures ont été prises dont un arrêté par la commune de Six-Fours qui interdit aux gros bateaux de s’approcher des côtes. La nature est l’affaire de tous, et après 30 années de bons et loyaux services, j’espère que vous autre, la nouvelle génération, vous prendrez le relais pour protéger votre lieu de vie. » 

spot_img

Nos derniers articles

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

spot_img

Vous aimez nos articles ?


Abonnez-vous à notre newsletter !