Les Girondins de Bordeaux font face à une situation critique. Exclu des championnats nationaux et au bord de la liquidation, le club historique a bénéficié d’un dépôt sous séquestre de 10,6 millions d’euros le 31 juillet par des candidats à la reprise. Alexandre Gougnard, président du District Gironde et membre du Comité exécutif de la Fédération française de football, exprime son inquiétude: « Une catastrophe est en train d’arriver pour le football néo-aquitain et national. »
Le double rôle d’Alexandre Gougnard place cet acteur du football régional dans une situation inédite. Président de l’instance départementale dont le club phare est en péril, mais aussi membre du Comité exécutif de la FFF qui détient théoriquement une « carte » pour demander un réexamen du dossier auprès de la DNCG, il navigue entre craintes et espoirs. Son téléphone « sonne beaucoup », confie-t-il, résumant l’intensité de la crise.
Un enjeu bien au-delà du seul football
Gougnard ne cache pas l’ampleur de ce qu’il perçoit comme imminent: « Ce serait une catastrophe sportive et économique pour les salariés, les joueurs qui jouent le jeu, les prestataires, le stade, les créanciers. » Depuis soixante ans attaché aux Girondins, il souligne aussi la dimension régionale. Perdre l’un des deux derniers représentants au haut niveau transformerait la Nouvelle-Aquitaine en « terre désertique » selon ses propres termes.
Le dossier traîne depuis longtemps, reconnaît-il, complexe et enchevêtré. Une situation qui l’a amené à envisager un moment de « repartir à la base, sereinement ». Mais il a renoncé à cette option: « Ce serait perdre du temps. » La donne a changé, pense-t-il, avec l’arrivée de nouveaux investisseurs qu’il juge « apparemment sérieux et fiables », même s’il avoue ne pas les connaître personnellement. Un jugement fondé sur « quelques contacts » et sa « perception des choses ».
Les deux voies de secours actuelles
Deux chemins demeurent ouverts aux Girondins pour tenter de s’en sortir. D’abord, le tribunal administratif. Le club a déposé deux référés ce lundi, espérant une décision d’ici la fin de la semaine. Gougnard place « beaucoup d’espoir » dans cette juridiction, sans garantie cependant.
Deuxième piste: la Fédération française de football elle-même. Le Comité exécutif dispose réglementairement de la capacité à demander un nouvel examen du dossier à la DNCG, avec les nouveaux éléments financiers en main. C’est précisément le dépôt sous séquestre du 31 juillet qui pourrait changer la donne: Gougnard estime que ce nouvel élément « serait validé » s’il était resoumis aujourd’hui à la DNCG.
Or, samedi, la Fédération a fermé la porte « très vite », reconnaît-il. Pourquoi? « Ce n’est pas à moi, mais à Philippe Diallo de le dire », répond prudemment le président du District. Diallo, sollicité par la presse, a décliné de s’exprimer. Gougnard ajoute: « Je pense savoir, je comprends et je partage mais ce n’est pas mon rôle de m’exprimer là-dessus. »
Le CNOSF a tranche vendredi
Un événement avait précédé cette fermeture: l’avis du Comité national olympique et sportif français rendu vendredi. Accueil sans détour de Gougnard: « Avec beaucoup de tristesse car la vérité est tombée. » Le CNOSF a confirmé la décision de la commission d’appel de la DNCG plutôt que de la renvoyer à réexamen, comme le président du District l’espérait.
Mais Gougnard tempère sa déception: il « s’attendait aussi » à cette décision. Son raisonnement: le conciliateur du CNOSF était mandaté pour juger si la commission d’appel avait bien fondé sa position. Or, le séquestre de 10,6 millions était arrivé après l’audition devant la DNCG. À l’époque, ce nouvel élément n’existait pas. Aujourd’hui, explique-t-il, les choses seraient différentes.
La gouvernance face à la crise
Reste une question: tous les membres du Comex ont-ils été consultés avant le communiqué de samedi qui fermait la porte? Oui, selon Gougnard, qui défend le processus: « Les choses se sont passées dans un fonctionnement normal. C’est faux de dire que personne n’a été consulté et que la décision a été prise par une seule personne. »
Lui-même n’a pas eu à trancher: en tant que président du District concerné, il peut « participer aux débats, mais pas voter, et c’est normal. » Une distinction qui limite son poids décisionnel mais le laisse libre d’exprimer son soutien aux Girondins.
Une loyauté partagée, des espoirs fragiles
Concrètement, que peut faire Gougnard? « Je suis solidaire des Girondins pour essayer de préserver l’avenir d’un club sextuple champion de France en Gironde. Je peux donner mon avis tel que je le ressens mais avec la plus grande des loyautés vis-à-vis des équipes de la Fédération. »
Et s’il faut imaginer un scénario où le tribunal rejette les recours? Gougnard ne croit pas que la FFF « s’autosaisira » à nouveau du dossier. En revanche, si le tribunal tranche en faveur des Girondins, « on verra ce que la Fédération fera après ».
Plan B pour le club: Jean-Louis Triaud, figure reconnue du football régional et français. Gougnard lui fait confiance pour « sauver l’association » au niveau régional si l’accès au niveau national venait à être fermé définitivement. Mais cela resterait, à ses yeux, « une catastrophe sportive et économique ».
Le tribunal administratif tranchera bientôt. La Fédération attendra probablement de connaître cette décision avant de se repositionner. Entre-temps, les investisseurs continuent de consolider leur dossier, et Alexandre Gougnard maintient son équilibre instable entre ses responsabilités officielles et son attachement personnel aux Girondins.
À retenir
- Les Girondins de Bordeaux ont reçu 10,6 millions euros en séquestre le 31 juillet pour éviter la liquidation.
- Le club est exclu des championnats nationaux et fait face à une situation critique et inédite.
- Alexandre Gougnard, président du District Gironde et membre du Comité exécutif de la FFF, exprime son inquiétude majeure.
- La disparition des Girondins aurait des impacts économiques graves pour les salariés, joueurs et prestataires.
- La Nouvelle-Aquitaine perdrait l' un de ses deux derniers représentants au haut niveau du football français.
Questions fréquentes
- Combien d' argent a été versé en séquestre pour les Girondins de Bordeaux?
- 10,6 millions d’euros ont été déposés sous séquestre le 31 juillet par des candidats à la reprise du club pour éviter sa liquidation.
- Pourquoi les Girondins de Bordeaux sont-ils en danger?
- Le club a été exclu des championnats nationaux et se trouve au bord de la liquidation, ce qui menace son existence même.
- Qui est Alexandre Gougnard et quel est son rôle dans cette crise?
- Il est président du District Gironde et membre du Comité exécutif de la FFF. Il navigue entre ses responsabilités régionales et sa possibilité théorique de demander un réexamen du dossier auprès de la DNCG.
- Quels sont les impacts d' une disparition des Girondins selon Alexandre Gougnard?
- Une liquidation serait une catastrophe sportive et économique affectant les salariés, les joueurs, les prestataires et transformerait la Nouvelle-Aquitaine en région sans représentant au haut niveau.