Domaine de La Mourrette au Brusc : « Plusieurs générations se sont sacrifiées pour cette terre. »

Perdu entre ciel et mer, le domaine de la Mourrette surplombe le petit port du Brusc et ses habitants. Du jardin de Lucien Bremond, on peut voir la mer se fracasser contre les roches de la Ciotat. Ici, le temps qui s’écoule ne laisse ses empreintes que sur les arbres où les gels passés ont fait des dégâts.

“Plusieurs générations se sont sacrifiées pour ce domaine. »

Professeur de Biologie à la retraite, Lucien veille sur ses quelques hectares de vignes et d’oliviers qui sont son héritage familial. Il raconte : ​“Plusieurs générations se sont sacrifiées pour ce domaine. J’ai vu mon grand-père et mon père travailler parfois jusqu’à l’épuisement.”

Les premières photos de famille prises au Brusc remontent au début du siècle dernier, lorsque ceux qui travaillaient la terre de leurs mains se retrouvaient pour procéder aux récoltes. Et lorsque Lucien puise dans ses souvenirs lointains, il voit des champs de fleurs. ​“A l’époque ce qui marchait surtout c’était l’horticulture. Il y avait plusieurs variétés de bouquets que mon grand-père mettait dans un grand panier avant de les faire envoyer en Angleterre, en Allemagne ou même à Paris.”

“En 1956, un grand froid s’est abattu,  toutes les récoltes ont gelé »

Il reprend : ​“En 1956, un grand froid s’est abattu sur la ville et sur notre domaine. En une nuit, toutes les récoltes ont gelé. Il n’y avait plus rien à sauver, ni dans la serre, ni ailleurs. Toutes les boutures avaient succombé. Il a fallu repartir de zéro. Cette fois, mon père a planté des oeillets, des tulipes, quelques fleurs d’été et ce n’est que lorsque ma soeur a repris l’exploitation, qu’elle a commencé à produire des légumes.”

Aujourd’hui, les cinq hectares du domaine sont réservés à la production d’un rosé AOP Côtes de Provence racé et d’une huile d’olive savoureuse. En plus de celà, quelques produits de la ferme, et autres productions d’un jardin d’été sont proposés à la vente sur le petit marché du Brusc le jeudi matin (ainsi qu’au domaine le mardi matin et le jeudi soir) par Alain Roze, gérant.

« C’est un métier que l’on ne peut faire qu’avec passion.”

Assis à la table de son jardin, une pince entre les mains, Lucien extirpe une à une les graines d’une tomate qui a su le surprendre par son goût. Il songe à une récolte future qu’il espère toute aussi savoureuse. Il explique : ​“Ce n’est pas parce qu’on plante une simple graine et qu’on arrose, que l’on va avoir un bon fruit. Il y a tout un travail en amont lorsqu’on est un amoureux de la terre et des saveurs Il faut beaucoup goûter, trouver la perle rare, faire en sorte que la nouvelle variété se stabilise. C’est un métier que l’on ne peut faire qu’avec passion.”

« Il faut attendre que la pulpe et que les morceaux de chair disparaissent pour qu’elle ne soit plus trouble »

Cette année plus de 10 000 litres de vins ont été produit au domaine de la mourrette. Et à partir d’avril, l’huile d’olive (qui n’est plus disponible depuis août dernier) sera de retour sur le marché. Lucien conclut : ​”Nous faisons nos récoltes en amont, mais l’huile a besoin de plusieurs mois pour s’affiner. Il faut attendre que la pulpe et que les morceaux de chair disparaissent pour qu’elle ne soit plus trouble”. Parce qu’il le promet, pour que la terre puisse donner le meilleur d’elle-même, il faut bien souvent lui laisser un peu de temps et lui apporter beaucoup de soin”.

Domaine de la Mourrette : 559 chemin de Mouret (7,85 km) 83140 Six-Fours-la-Plage / 
07 84 43 85 75

Cet article est extrait du hors série papier « Le savoir-faire Six-Fournais » pour être présent dans le prochain numéro, contactez nous.

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