(Discours) Jacques Chirac : les drapeaux de La Seyne en berne depuis midi

À la suite du décès de Jacques Chirac, Marc Vuillemot s’est exprimé en ces mots:

« À midi, à La Seyne, ce 26 septembre, nous avons décidé de mettre les drapeaux en berne sur nos édifices publics.

Comme toute la France, notre ville apprenait la mort de Jacques Chirac. Nous sommes attachés à une république respectueuse. Comme dans toute la France, la question d’honorer sa mémoire ne s’est posée dans la tête d’aucun des membres de notre municipalité, ni sûrement d’aucun de nos concitoyens, fussions-nous nombreux à ne pas avoir adhéré aux politiques qu’il a promues et conduites.

Le vieux président de la République restera celui dont je prononce le nom tous les ans, le dimanche de juillet le plus proche du 16, jour funeste de 1942 de l’abominable rafle du Vel d’hiv’, à l’occasion de la Journée nationale à la mémoire des victimes des crimes racistes et antisémites de l’État français et d’hommage aux Justes de France.

Oui, Jacques Chirac a été celui qui, en 1995, a porté une belle et forte parole de la France, reconnaissant officiellement, en notre nom à tous, la responsabilité historique de notre pays dans l’abomination de la Shoah et des massacres des Juifs et de tous les « différents », affirmant avec solennité « que ces heures noires souillent à jamais notre histoire, et sont une injure à notre passé et à nos traditions. Oui, la folie criminelle de l’occupant a été secondée par des Français, par l’État français ».

Et Jacques Chirac fut aussi celui qui, en octobre de l’année suivante, à Jérusalem, en colère, réaffirma son engagement permanent et sans faille pour que se crée un État palestinien et une solution durable de paix avec deux États dans cette région du Moyen Orient. La Seyne, qui honore par les dénominations de lieux publics les trois prix Nobel de la paix que furent Yasser Arafat, Shimon Peres et Yitzhak Rabin, se doit de conserver et promouvoir la mémoire d’un de ses hommes d’État qui a porté courageusement cette belle parole universelle de paix et de fraternité. Elle anticipait pour cette région du monde l’opposition de la France, nation alors fière de son indépendance, portée en 2003 par la patiente autant que déterminée stratégie diplomatique de Jacques Chirac, à suivre les choix américains au moment où les États-Unis déclenchèrent la guerre en Irak, confirmée à l’ONU par son Premier ministre d’alors, Dominique de Villepin.

L’histoire de chaque homme connaît ses moments d’ombre, bien sûr. On n’oubliera pas l’épisode « [du] bruit et [de] l’odeur » ni les affaires judiciaires de la mairie de Paris. Mais l’heure est au souvenir des actes et propos grands et forts qui, par la bouche de Jacques Chirac, ont honoré et honorent notre Nation républicaine. »

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