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vendredi 2 décembre 2022

Des travaux d’envergure sur la station d’épuration d’AmphitriA

La station d’épuration Amphitria, située au Cap Sicié, va bénéficier d’importants travaux de confortement sous maitrise d’ouvrage de la Métropole TPM. Construite entre 1994 et 1997, l’usine qui traite les eaux usées de Toulon, Evenos, Ollioules, Le Revest-les-Eaux, Saint-Mandrier-sur-Mer, La Seyne-sur-Mer et Six-Fours-les-Plages est aujourd’hui victime de dégradations dues à l’usure du temps. Objectif : pérenniser, pour les 30 ans à venir, l’ouvrage de protection de la station et l’émissaire en mer.

Après 25 ans de service, la station d’épuration d’AmphitriA située sur la corniche varoise du Cap Sicié à La Seyne-sur-Mer est aujourd’hui victime de dégradations sur certains de ses ouvrages. D’importants travaux de confortement de la digue abritant la station et le remplacement de l’émissaire qui rejette les eaux traitées en mer sont de ce fait au cœur d’un important projet porté par la Métropole TPM au titre de sa compétence « Assainissement ».

Cette station pâtit de son âge et de sa situation près de la mer. L’heure est venue d’engager des travaux essentiels afin de limiter tout impact sur son fonctionnement. Explique Gilles Vincent, vice-président de la Métropole TPM.

Une station entre falaise et mer

Pour rappel, la station d’épuration AmphitriA, mise en service en 1997, traite les eaux usées des communes de Toulon, Évenos, Ollioules, Le Revest-les-eaux, Saint-Mandrier-sur-Mer, La Seyne-sur-Mer et Six-Fours-les-Plages. Pour l’atteindre depuis la côte, il faut emprunter un tunnel de 1,1 kilomètre qui débouche dans cette structure imposante. L’usine, exploitée par Veolia, est en effet posée sur la roche, ancrée au pied d’une falaise de 300 mètres et construite sur une plateforme. De la mer, elle est à peine visible. « Pour respecter les contraintes environnementales, il a fallu penser un projet architectural qui rende le bâtiment très discret, et qui utilise les matériaux naturels locaux tout en préservant la végétation environnante. » Explique l’élu.

Elle est de fait protégée par une digue « pour pouvoir résister à des tempêtes centenaires qui se déroulent ici en hiver. » Poursuit-il. Cette digue artificielle de 200 mètres de long et 8 mètres de haut, composée d’accropodes (blocs en béton numérotés et enchevêtrés les uns dans les autres selon un modèle mathématique) protège la station de ces coups de mer violents. 

Le rejet des eaux usées traitées se fait par un émissaire en mer de 2mètres de diamètre et d’une longueur de 36 mètres qui rejette à faible profondeur (-6 mètres).

« Aujourd’hui AmphitriA traite les eaux usées de 500 000 équivalent habitants vivant dans la partie ouest de la Métropole ! C’est une des plus grosses stations de la Méditerranée avec un traitement physico-chimique et biologique qui assure un traitement complet de nos eaux usées. Elle a, de plus, la particularité d’avoir un traitement des boues par valorisation énergétique, in situ. » Ajoute-il.

A savoir que la station est dimensionnée pour traiter jusqu’à 9000 m3/heure en pointe et 103 000 m3/jour. En 2021, AmphitriA a traité 19 311 449 m3 d’eaux.

Nécessité de réaliser des travaux pour limiter l’impact sur son fonctionnement

Les expertises et diagnostics réalisés ces dernières années ont révélé « des anomalies » nécessitant l’engagement d’importants travaux dirigés par la Métropole TPM.

Ce chantier d’envergure aura lieu en période estivale, car il s’agit de la période la plus favorable sur le plan météo. Informe Gilles Vincent.

Sur la digue d’accropodes

Les diagnostics signalent en effet des « mouvements d’accropodes » qui constituent la carapace de la digue et qui font office de brise-lames. De ce fait, ils « n ‘assurent plus pleinement leur rôle ». Des « travaux de confortement » ont donc été jugés nécessaires. Il s’agit de reprendre la butée de pied de la digue afin d’arrêter tout mouvement d’accropodes et sécuriser la digue en repositionnant les blocs ayant subi des mouvements et en remplaçant ceux cassés.

« La problématique que nous avons aujourd’hui, c’est que certains blocs sont tombés, d’autres sont cassés. Il faut donc les remplacer. Il va donc falloir, en premier lieu, reconstruire des blocs et venir les replacer au bon endroit. Mais pour remplacer le bloc qui se trouve en bas, on doit enlever ceux qui se trouvent au-dessus par enchevêtrement. C’est une opération importante ! »

Sur l’émissaire en mer

Par ailleurs, l’état de l’émissaire de rejet en mer – conduite en acier enrobé de béton – longue de 70 m, et cheminant depuis la station jusqu’au-delà de la digue – afin de permettre l’écoulement et le mélange des eaux traitées avec l’eau de mer, présente également des « désordres » : une forte corrosion et des trous sur son linéaire. Des travaux ont été faits en prévision afin de réaliser un nouvel émissaire en parallèle sur la même longueur à celui existant puis basculer le fonctionnement sur le nouvel équipement afin de démanteler ce dernier : « une fois le nouvel émissaire en fonctionnement, la conduite existante sera traitée pour éviter tout risque ultérieur ». Le dossier d’expertises précise que « la partie de l’émissaire située sous la digue sera obstruée et remplie de béton grâce à un système de bouchon étanche ». Cette technique permettra qu’il n’y ait « aucun contact entre le milieu marin et le béton, ce qui limitera fortement les risques de nuisances. » Quant au linéaire situé au-delà du sarcophage existant, il sera déposé, tel que souhaité par les services de l’Etat (DDTM).

Sur le sarcophage de béton

Enfin, dans le même temps, des désordres au niveau du sarcophage béton (fissures) recouvrant l’émissaire ont également été constatés et feront l’objet de travaux de confortement.

Une enquête publique en cours

Le dossier de présentation du projet est actuellement soumis à enquête publique, jusqu’au 25 mars inclus. Ce dernier détaille l’ensemble des mesures envisagées pour « limiter les risques d’impacter l’environnement » lors des travaux (risques de rejets de polluants en mer, risques d’altération des fonds marins, risques liés aux forts courants en période de travaux, mais aussi risques sur la sécurité des usagers potentiels du lieu…).

D’ici là, chacun peut donc prendre connaissance de l’ensemble du dossier sur le site internet de la préfecture : www.var.gouv.fr, rubrique « Publications ». Il est également possible de consulter le projet en mairie de la Seyne-sur-Mer où tous les éléments sont mis à disposition du public, ainsi qu’un registre pour faire part de ses observations. Celles-ci peuvent aussi être adressées par courrier en mairie de La Seyne-sur-Mer, à destination du commissaire enquêteur, ou en ligne via un formulaire de contact accessible sur le site de la Préfecture.

Le commissaire enquêteur assure en outre des permanences à l’hôtel de ville de La Seyne-sur-Mer : la prochaine est prévue jeudi 17 mars de 8h30 à 12h.

À l’issue de l’enquête, l’autorité compétente accordera ou refusera la demande d’engagement des travaux.

Et une copie du rapport et des conclusions du commissaire enquêteur sera tenue à la disposition du public pendant un an, à la mairie de La Seyne-sur-Mer, en Préfecture du Var (DDTM du Var, service urbanisme et affaires juridiques) et en ligne.

Calendrier de l’opération

14/09/2020 : dépôt du dossier d’autorisation au titre de la loi sur l’eau.

21/02/2022 au 25/03/2022 : enquête publique.

28/02/2022 : notification du marché de travaux au groupement VINCI CONSTRUCTION MARITIME ET FLUVIAL / BONNA TRAVAUX PRESSION.

Mai 2022 – Sept 2022 : phase 1 : travaux terrestres et maritimes (digue + émissaire).

Mai 2023 – Sept 2023 : phase 2 : travaux terrestres (butée de pied).

Calendrier SOUS RESERVE DE L’AUTORISATION LOI SUR L’EAU

Coût de l’opération

MONTANT GLOBAL : 4 735 155 € HT – 5 682 186 € TTC

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