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mercredi 8 février 2023

Décès de Sœur André : Toulon et l’humanité ont perdu leur doyenne

Après une vie de don de soi, Sœur Randon s’est éteinte dans la nuit de lundi à mardi, à l’aube de ses 119 ans. En avril 2021, elle était devenue la doyenne de l’humanité.

Le temps qui semblait ne pas avoir de prise sur elle lui faisait dire le jour de ses 118 ans qu’il était possible de battre de record de longévité de Jeanne Calment. Ce même temps aura fini par rattraper Sœur André. La religieuse s’est paisiblement éteinte dans la nuit de lundi à mardi, à l’aube de ses 119 printemps. Un anniversaire qu’elle aurait dû célébrer le 11 février prochain. Toulon et l’humanité viennent de perdre leur doyenne.
Elles perdent surtout une « une religieuse au grand cœur, qui partageait avec générosité son expérience de la vie. Elle avait puisé au cours de son existence riche de rencontres et d’expériences, une immense sagesse et un amour infini pour les autres, a tenu à souligner Hubert Falco, le maire de la ville qui entretenait avec celle qui était née Lucile Randon un lien particulier. J’allais lui rendre visite régulièrement et j’appréciais son humanité, sa spiritualité mais également son sens de l’humour et la pertinence avec laquelle elle ressentait notre époque. Elle avait un franc parler, une vraie spontanéité pour une personne née en 1904. Elle avait évolué avec son temps, elle était incroyablement moderne et me disait sans détour ce qu’elle pensait de ce nouveau siècle ».

Une vie de don de soi

Sœur André était née en 1904. Elle aura donc traversé deux siècles, franchi le cap du millénaire, survécu à deux conflits mondiaux, traversé l’épidémie de grippe espagnole et résisté à l’infection de la Covid qu’elle avait contractée en 2021. Elle a payé en anciens francs, en francs, puis en euros… Sa vie est un livre d’Histoire, rempli d’histoires et de don de soi. Car dès son plus jeune âge, Lucile Randon s’est consacrée aux autres. D’abord comme gouvernante à Marseille, puis à Paris comme préceptrice dans la famille Peugeot.
Ce n’est que tardivement qu’elle s’est sentie appelée par Dieu. En 1944, elle rentre dans la Maison des Filles de la Charité pour faire son noviciat. C’est là qu’elle prend, en religion, le nom d’André sans le « e » final en référence à son frère qui était perplexe quant à son engagement religieux. Il faut dire que Lucile Randon était née dans une famille de protestants huguenots.
Jusqu’à son dernier souffle, la native d’Alès n’a cessé de se préoccuper des autres, priant tous les jours pour les tous les enfants dont elle s’est occupé dans sa vie.

« Toulonnaise de cœur » depuis 2009

Celle qui a travaillé jusqu’à 108 ans, n’est devenue Toulonnaise qu’en 2009. Elle résidait à l’établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD) Sainte-Catherine Labouré et s’était « était profondément attachée à notre ville qu’elle avait découvert avec intérêt et passion. Sœur André était d’ailleurs devenue citoyenne d’honneur, il y a quatre ans » a précisé Hubert Falco. Les sens qu’elle avait perdus ne lui permettaient plus de jouir de Toulon comme elle l’aurait souhaité, Elle profitait, tout de même, de la douceur de son climat au cours de ses promenades dans le jardin de la maison de retraite, tout comme elle aimait goûter régulièrement au chocolat et à un verre de porto. Un petit plaisir qu’elle partageait avec Jeanne Calment qui restera pour quelques temps encore la personne qui aura vécu le plus longtemps dans l’histoire de l’humanité.

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