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jeudi, 22 octobre 2020

CNIM : sauver notre fleuron industriel

En l’absence de repreneur satisfaisant, le ministre de l’économie Bruno Le Maire a annoncé mardi 29 septembre au président de la Métropole TPM l’octroi d’un prêt d’Etat au groupe CNIM. Madame le maire, Nathalie Bicais, et son premier adjoint Jean-Pierre Colin, Vice-présidents de TPM, étaient au côté d’Hubert Falco ce 1er octobre sur le site de Brégaillon pour défendre ce fleuron industriel du Pôle Mer Méditerranée à vocation mondiale.

« On n’a pas le droit de dire n’importe quoi. Bruno Le Maire m’a confirmé qu’aucune offre franco-française valable n’avait à ce jour été reçue ». Au cœur de la zone industrialo-portuaire de Brégaillon, le président de la Métropole met les points sur les i. « Ce sujet est trop sensible et sérieux pour qu’il puisse être utilisé à des fins politiciennes », tance Hubert Falco devant la presse et les syndicats. En toile de fond, l’avenir de 1 200 salariés – hors sous-traitants – suspendu à un protocole de conciliation donnant 12 mois aux CNIM pour rembourser ses créanciers (*) : « C’est bien trop court. Comment accepter que tant d’emplois puissent être menacés ? ».

En l’absence de repreneur global répondant aux impératifs de sécurité nationale, de logique industrielle et de maintien de l’emploi, l’Etat reste donc vigilant : « Afin d’appréhender l’avenir de manière plus sereine, Louis-Roch Burgard, directeur général du groupe CNIM, pourra négocier un prêt d’Etat, m’a assuré M. le ministre Bruno Le Maire », rapporte Hubert Falco.

Après avoir salué la présence du président Hubert Falco, madame le maire, Nathalie Bicais, vice-président de TPM, a rappelé l’importance des CNIM à La Seyne-sur-Mer : « C’est à la fois notre histoire et un enjeu de société. Nous avons trop connu, avec les chantiers, ce que constitue la casse d’un outil. On a l’impression de voir brader un fleuron industriel, peut-être encore mal identifié par chacun. Ce prêt de l’Etat est donc un excellent message pour nous tous, acteurs de terrain qui restons mobilisés ».

Le premier adjoint, Jean-Pierre Colin, vice-président de TPM, a pour sa part pointé le paradoxe « des centaines de millions d’euros engagés dans les carnets de commande et la vente des créances par la banque Rotschild l’été dernier » : « A ce jour, seuls les Chinois ont répondu à l’offre. Ce n’est pas satisfaisant dans un dossier aussi stratégique, qui plus est, au cœur de la rade », estime-t-il.

A l’heure où l’Etat injecte cent milliards d’euros dans le plan de relance de l’économie, le premier adjoint l’assure : « La bagarre ne fait que commencer ! ».

(*) En 2019, le groupe CNIM était victime de la faillite de son sous-traitant britannique Clugston. Le pool bancaire conditionne son soutien aux CNIM à une restructuration financière réalisée avant le 1er décembre 2020.

Gwendal Audran. Le Seynois.

Le discours d’Hubert Falco :

« Mesdames, Messieurs,

Avec Madame le Maire de la Seyne sur Mer Nathalie BICAIS, ma Vice-Présidente à la Métropole TPM, son premier adjoint Jean-Pierre COLIN, également Vice-Président de TPM, Monsieur Louis-Roch BURGARD, Directeur Général du Groupe CNIM, qui nous a accueilli à notre arrivée, mais qui n’a pas pu pas rester parmi nous par devoir de réserve, nous avons souhaité vous retrouver ici ce matin, pour échanger ensemble sur un sujet primordial pour notre territoire, l’avenir du Groupe CNIM.

Je tiens également à saluer les représentants syndicaux du Groupe CNIM, Monsieur Jean-Pierre POLIDORI, délégué syndical Force Ouvrière, les représentants de la CGT ou encore de la CFE CGC, présents à nos côtés, qui depuis des mois et des mois avec nous, travaillent avec cœur et volonté pour préserver l’avenir de leur entreprise et de leurs nombreux salariés.

Il y a plusieurs mois, le 8 avril 2020, j’attirais l’attention du Premier Ministre de l’époque Édouard PHILIPPE sur la situation préoccupante du groupe CNIM, victime en 2019 de la faillite soudaine de son sous-traitant britannique, Clugston. 

La société a depuis été contrainte de négocier avec les banques et l’État, un protocole de conciliation, validé par le Tribunal de Commerce de Paris le 28 mai 2020.

Au mois de juin dernier, j’alertais également le Ministre de l’Économie, des Finances et de la Relance Bruno LE MAIRE sur les modalités d’exercice, très restrictives de ce protocole et notamment les contreparties exigées par les créanciers (la durée de remboursement bien trop courte de 12 mois, la fiducie mise en place et l’adossement de l’ensemble des activités), entrainant inexorablement la mort certaine et à très court terme de l’entreprise !

Comment accepter que tant d’emplois puissent être ainsi menacés ? Le Groupe CNIM, c’est 2800 employés en France et à l’étranger. C’est près de 1 200 sur notre territoire ! 

Comment comprendre que dans la Rade de Toulon, dans le 1er Port Militaire d’Europe, ce spécialiste des technologies de pointe qui intervient dans des filières innovantes, aux enjeux stratégiques nationaux et internationaux comme l’énergie, l’environnement, la défense ou l’aérospatiale puisse disparaître ?

Les CNIM, les Constructions Navales et Industrielles de la Méditerranée sont l’un des fleurons industriels de notre pays, de notre territoire et de son Pôle Mer Méditerranée à vocation mondiale.

C’est un leader mondial dans la construction d’usine de traitement de déchets, c’est un partenaire du programme ITER, c’est un fournisseur pour Arianespace…

Il y a quelques jours, Madame la Ministre de l’Emploi, du Travail et de l’Insertion, Élisabeth BORNE, en visite à Béthune (Pas-de-Calais) sur le site de Bridgestone, fabricant japonais de pneumatiques, menacé de fermeture, déclarait : « dans la période actuelle, plus que jamais, le Gouvernement se battra pied à pied pour sauver des emplois » et ajoutait « ce site, c’est des compétences qui sont rares, des compétences industrielles, des emplois qualifiés (…). On ne laissera pas perdre ces compétences ».

Madame la Ministre a eu raison de prononcer ces mots !

Ce qui est vrai à Béthune pour Bridgestone l’est également à La Seyne sur Mer, pour les CNIM !

Avec Nathalie BICAIS, Maire de la Seyne-sur-Mer, son 1er Adjoint Jean-Pierre COLIN et l’ensemble des élus municipaux et métropolitains. Avec les représentants du personnel du Groupe CNIM ici présents, nous souhaitons que soit sauvé ce fleuron de l’industrie française, implanté depuis des décennies sur notre territoire et symbole du génie et de l’excellence du savoir-faire français !

Puis-je vous rappeler le désastre financier, industriel et humain, à brève échéance, qu’entrainerait la disparition des CNIM en France et sur le territoire de la Métropole ? Employeur important, c’est toute une économie locale et de nombreux sous-traitants qui seraient directement impactés.

Mesdames, Messieurs, ce sujet est trop sensible et sérieux pour qu’il puisse être utilisé à des fins de politiques politiciennes. L’enjeu est trop important. On n’a pas le droit de dire n’importe quoi.

J’ai eu longuement mardi soir le Ministre de l’Économie, des Finances et de la Relance Bruno LE MAIRE sur le sujet. Nous avons vous le savez siégé ensemble dans un précédent Gouvernement. Il m’a assuré suivre personnellement le dossier. Il m’a fait part de la situation actuelle et m’a autorisé à parler en son nom, pour la communiquer aujourd’hui.

L’État soutient de manière active l’entreprise dans sa recherche d’investisseurs et s’assure de son bon déroulement. L’objectif poursuivi est que puissent émerger des projets cohérents en termes de périmètre et de stratégie de long terme et qu’ils offrent ainsi aux activités de CNIM un avenir pérenne. 

A fin septembre, plusieurs investisseurs industriels et financiers ont manifesté leur intérêt pour la reprise des activités de CNIM – sans toutefois qu’aucune d’entre-elle ne couvre la totalité du groupe tel qu’il est constitué aujourd’hui. 

Ainsi, Bruno LE MAIRE m’a confirmé qu’aucune offre franco-française valable n’avait été reçue aujourd’hui, contrairement à ce qui a pu être annoncé.

Bruno LE MAIRE m’a affirmé également que l’État s’opposera si la solution retenue par l’entreprise ne répondait pas aux impératifs de sécurité nationale et aux enjeux du maintien de l’emploi.

En effet, compte-tenu du soutien financier public apporté et des conditions négociées, l’État dispose d’un droit de veto. Ce dernier lui permettra, en complément des dispositifs de droit commun (contrôle des Investissements Étrangers en France, habilitation de la Direction Générale de l’Armement pour les activités stratégiques), d’avoir un droit de regard sur l’identité des candidats repreneurs.

Bruno LE MAIRE m’a affirmé par ailleurs que l’État sera donc particulièrement vigilant, au cours des deux prochains mois, à ce que les offres qui seront retenues soient les plus pertinentes possibles en termes de logique industrielle, de sécurité nationale et de maintien de l’emploi. Dans cette attente, il m’a précisé par ailleurs qu’un prêt d’État pourrait être octroyé au Groupe CNIM. Ce prêt sera bien sûr négocié avec Monsieur Louis-Roch BURGARD. Ce prêt pourrait permettre au groupe d’appréhender l’avenir de manière bien plus sereine. Et surtout à l’État d’être partie prenante dans ce dossier.

Je remercie vivement Bruno LE MAIRE de m’avoir écouté, de m’avoir entendu et de m’avoir transmis ces informations qui permettent de connaître factuellement la situation aujourd’hui.

Je sais sa mobilisation sur le sujet. Je me tiendrai personnellement informé sur ce dossier par un contact régulier avec le Ministre. Je ne manquerai bien sûr pas de vous tenir informés également.

Nous nous battons des mois pour l’avenir des CNIM et de leurs salariés, qui pourront compter sur notre soutien fort et entier et sur celui de la Métropole TPM pour que tout soit fait, pour sauver cette entreprise et préserver ses milliers d’emplois !

Merci. »

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