Au cœur de la fête, l’histoire des chantiers

La Fête de la Navale s’est déroulée ce vendredi 14 juin sur le parc de la Navale. Avec, en point d’orgue de cette manifestation qui clôture les classes de la Navale, le passage de la Porte des chantiers.

En six ans, l’événement est devenu une tradition : les 26 classes de la Navale, des CM1 et CM2 des écoles seynoise, se retrouvent sur le parc de la Navale au mois de juin pour une grande fête organisée par l’Amians (Association de maintien des intérêts aux anciens de la navale de La Seyne), le CRCN (Centre de ressources de la construction navale) et la Maison du patrimoine. Avec le passage de la Porte des chantiers, au signal de la sirène comme à l’époque où les travailleurs s’y rendaient. Une passage symbolique qui s’est fait en chansons ce 14 juin, à 12h30 pile, après un pique-nique : les élèves ont entonné un morceau de leur création, « Il était un chantier naval » (paroles ci-après), puis « Les mains d’or » de Bernard Lavilliers.

Mais avant ce moment phare de la manifestation, les écoliers accompagnés par leurs enseignants ont fait fi du sirocco qui soufflait fort ce vendredi, pour circuler durant toute la matinée sur les 21 stands thématiques animés par les bénévoles de l’Amians et du CRCN. Les enfants ont ainsi participé à des jeux et activités ludiques sur la vie des chantiers navals, et notamment de cinq métiers (parmi les 250 métiers qui y étaient exercés) : dessinateur, menuisier, électricien, soudeur et charpentier tôlier.

Autant de sujets sur lesquels ils sont en principe incollables, puisqu’ils ont suivi les classes de la Navale, projet pédagogique conduit par les deux associations en partenariat avec l’Éducation nationale.

La révolution industrielle rattachée à l’histoire locale

Lucien Conan, président de l’Amians « Lorsque les chantiers ont fermé, et même 15 ans après, ça aurait été difficile de porter la mémoire des chantiers, car c’était encore trop douloureux, explique Lucien Conac, président de l’Amians. « Notre association s’est beaucoup battue pour défendre les droits des travailleurs, mais depuis beaucoup sont partis à la retraite et le temps a passé. Il y a eu plus d’une génération depuis la fermeture et beaucoup de Seynois ne savaient plus rien des chantiers. Leur histoire disparaissait ». L’association s’est alors rapprochée de l’Éducation nationale, raconte le président de l’Amians : « L’idée était d’évoquer la révolution industrielle en partant de l’histoire locale. Nous fournissons le matériel aux enseignants, les élèves viennent dans nos locaux où nous avons l’exposition la plus complète sur les chantiers, nous répondons aux questions que les élèves ont préparé. Et nous leur réservons une surprise : la maquette du pont, qui s’abaisse pour faire passer le train. » Cela fait donc six ans que le projet a été lancé, et précise Lucien Conac, « tous les ans, ça s’améliore ». « Avec ces classes, conclut-il, on s’appuie désormais sur la jeunesse pour la transmission de la mémoire des chantiers ». Une mémoire qui reste « l’âme de la ville », a déclaré l’adjointe déléguée à l’éducation, Isabelle Renier, ce vendredi, alors qu’elle s’adressait aux enfants.

Laurence Artaud. Le Seynois.

« Il était un chantier naval »*

 

Voici l’histoire de La Seyne,

De ses Chantiers de sa sirène

Où l’on faisait de beaux et grands bateaux (bis)

Ohé ohé

 

Refrain 1 :

Ohé ohé ouvriers

Tous les ouvriers vont travailler

Ohé ohé beau Chantier

Beau Chantier resplendit sur les quais

Des paquebots des cuirassés-é

Des sous-marins et des navires

Qu’on assemblait dans tous les ateliers (bis)

Ohé ohé

 

Refrain 1

Il y avait cinq mille personnes

Qu ‘avaient pas peur de la besogne

Au bord d’la Mé-Mé-Méditerranée (bis)

Ohé ohé

 

Refrain 1

A chaque coup de sonneri-e

La foule se pressait à grand bruit-i

Et franchissait la porte des Chantiers (bis)

Ohé ohé

 

Refrain 1

Et au milieu il y eut la guerre

Les ateliers, tout fut par terre

Avec courage on a tout reconstruit (bis)

Ohé ohé

 

Refrain 2 :

Ohé ohé beau Chantier

Beau chantier disparu, envolé

Ohé ohé beau Chantier

Tu restes dans nos cœurs à jamais

 

En mille neuf cent quatre-vingt six

Fermaient les Chantiers c’est bien triste

La grue titan s’est immobilisée (bis)

Ohé ohé

 

Refrain 2

Heu-reu-se-ment on s’rappel encor’

Du son des trains traversant le port

Sur l’ pont levant qui fête ses cent ans (bis)

Ohé ohé

 

Refrain 3 :

Ohé ohé braves gens

C’est la grande fête des Chantiers

Ohé ohé braves gens

Chantons pour ne pas les oublier

 

Aujourd’hui on peut se pro-me-ner

Sous les grands arbr’,  s’unir et chanter

Dans le grand parc d’la naval’ rassemblés (bis)

Ohé ohé

 

Refrain 3

La la la la…

*Les paroles ont été écrites en 2017 à partir de propositions des classes CM2 Victor Hugo, CE2-CM1 Louis Clément, CE2 Malsert II, CE2 Malsert I, CM1 Toussaint Merle, classes de Léo Lagrange II. L’air est celui d’« Il était un petit navire ».

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