Amandine Layec, une Championne qui a la rage de vaincre

« J’avais le désir d’extérioriser. Je n’ai jamais souhaité faire de mal à qui que ce soit. J’avais quelque chose à cracher. Une rage, une révolte, un sentiment qui m’oppressait. Je voulais me dépasser, y mettre le corps et l’âme. Et les sports de combat, pour moi c’est un peu tout ça en même temps.  » 

Amandine Layec a 30 ans. Elle a passé la moitié de sa vie à apprendre à contrer les coups souvent, à les encaisser parfois, et à les rendre toujours. De la Boxe, de la Capoeira, du kick-Boxing puis du Jiu-Jitsu Brésilien enfin. Après 11 ans de labeur et d’apprentissage, la Toulonnaise est médaillée Championne d’Europe. La combattante a arraché son titre dans les dernières secondes du combat. Acharnée de travail et ambitieuse jusque dans ses tripes, elle enchaine aujourd’hui les entrainements dans le but de briller durant le prochain Championnat du Monde qui aura lieu  en juin …. Rencontre.

La victoire pour seul objectif

« J’ai fait ma première compétition trois mois seulement après avoir passé la porte du Dojo du Pont du Las. Je ne connaissais pas les règles, mais j’avais envie de vaincre. Au bout de trente secondes, j’ai tapé le sol pour arrêter le combat, mon adversaire était en train de m’étrangler. Ce jour là, j’ai appris à perdre et je me suis dis : Plus Jamais. »

« Le brouillard dans la tête » et l’envie de vaincre dans le coeur, Amandine enchaine les entrainements et les adversaires. « C’était une sale période. J’avais besoin de mûrir, je devais apprendre à me dépasser. Il fallait que je comprenne comment me relever. » Le travail paie, elle gagne ses premières médailles et conquiert ses ceintures. Mais contrainte par sa vie professionnelle de ralentir ses efforts sur le tapis, elle a le déclic. « C’était le moment. Le virage à ne pas manquer. Je devais choisir: passer pro, ou abandonner ».

Un agneau parmi les loups

« Le problème c’est qu’en France je n’avais pas de Sparring Partener (Ndrl : Partenaire d’entrainement du même niveau et de même catégorie ), les conditions n’étaient pas optimums. J’ai fait ma valise et je suis partie un mois aux Etats-Unis pour suivre les entrainements de Leticia Ribeiro, une multiple Championne du Monde. J’étais comme un agneau entouré de loups. Je me suis faite malmenée mais j’ai beaucoup appris, tant sur la technique que sur ma personnalité. »  Dans la foulée, elle se rend en Californie, à Long Beach pour participer aux Mondiaux. « Je n’ai pas pu récolter les fruits de mon labeur. Le temps était trop court. » Puis le brouillard à nouveau.  « J’ai perdu un ami sur le tapis juste après un entrainement. Ça m’a beaucoup affectée. Beaucoup de choses ont changé en moi. » La combattante s’entoure. En plus de ses deux professeurs de toujours, les frères Gaillard, elle demande de l’aide à un coach mental Alain Parra et à un diététiste Bernard Dato.

La concrétisation

En janvier, elle remporte le titre de Championne d’Europe des moins de 64 kilos au Portugal. La Toulonnaise combat contre deux Françaises et affronte une Brésilienne en final. Dans les dernières secondes elle renverse son adversaire et conquiert le titre. « J’avais le désir d’arriver en final. C’était véritablement mon but. Mais une fois en train de combattre pour le titre, je me suis dit que je ne pouvais pas perdre. C’était impossible. » 

Cap sur les Championnats du Monde

« C’est le travail d’une vie qui se concrétise avec cette médaille mais ce n’est pas un aboutissement, c’est un encouragement. Je ne veux pas m’arrêter là. Je serais présente pour le rendez-vous de l’année en Californie. Je souhaite participer aux prochains mondiaux et j’ai le désir d’arracher un bon résultat. »  Chaque jour, amandine se rend à 581 Sport Center où elle s’entraine durement.  « J’ai trois sessions par jour. Le matin je travaille la technique et les stratégies, le midi je fais du renforcement, et le soir je donne tout ce que j’ai en combattant avec les autres.  » 

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