A 20 ans, Louise Nigoghossian raconte l’histoire de son grand-père en bande dessinées.

A 20 ans, Louise Nigoghossian partage sous forme de planches dessinées le destin poignant de son grand-père Nicolas. Autodidacte issu de la diaspora arménienne, il fit de ses études l’outil d’émancipation de sa condition d’ouvrier aux chantiers navals de La Seyne.

Un témoignage sur l’arrivée puis l’intégration à La Seyne d’une famille arménienne. Louise Nigoghossian concilie en 5 planches son histoire familiale et son amour pour la bande-dessinée. « J’ai toujours dessiné. A l’école Saint-Exupéry, au collège Curie puis au lycée Beaussier », explique la jeune femme qui a grandit à La Verne.

Mais la passion pour le neuvième art ne survient véritablement qu’en terminale. L’atelier d’écriture de Mesdames Giacomino et Truc la conduit à mettre en images le roman d’André Gide, « Les faux-monnayeurs ». « Un déclic, à l’heure de l’orientation », confie Louise Nigoghossian. Après une année de prépa, la jeune Seynoise intègre donc l’école de Condé Axe Sud de Marseille, référence pour les étudiants en Bachelor BD illustration : « Un de mes enseignants a proposé la diaspora comme thème de réalisation graphique ». Naturellement, l’étudiante pense à son grand-père, Nicolas Nigoghossian, qui a écrit deux cahiers de témoignage sur son histoire : « Il y parle de ses parents, qui ont fui les persécutions de l’empire ottoman en 1915, de leur arrivée à Marseille et de la mort de son père alors qu’il n’avait que 3 ans », raconte Louise Nigoghossian. On découvre à notre tour dans les planches l’obligation pour sa grand-mère de se remarier au sein de la communauté arménienne, l’installation à La Seyne-sur-Mer dont les chantiers procurent à peine de quoi survivre, ou encore les difficultés à s’exprimer en français à l’école quand l’arménien est de mise à la maison. « Pour échapper à sa condition d’ouvrier et à un beau-père tyrannique, mon grand-père s’est efforcé, tout en travaillant aux chantiers, de passer et réussir son certificat d’études ». Une réussite que Louise Nigoghossian est parvenue à saluer avec ses crayons, quelques temps après la disparition de son aïeul.

Le Seynois, Gwendal Audran.

2 Comments
  1. BRAVO LOUISE, votre témoignage est poignant et parlant, vous dessinez très bien, vous avez eu une idée géniale, continuez

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