Zabou Breitman s’accorde une pause loin des projecteurs au Cap-Ferret, en Gironde. L’actrice et réalisatrice a choisi cette presqu’île comme refuge personnel depuis trente-cinq ans, un lieu où elle se retire pour écrire, loin du tumulte médiatique qui accompagne sa carrière.
Rencontre à Arès, au fond du bassin d’Arcachon, là où la mer se fait plus calme et où les pins côtoient les genêts. C’est ici, quelques kilomètres avant le Cap-Ferret touristique, que Zabou Breitman a accepté de parler de son rapport à ce territoire singulier, de ce qu’elle y cherche et de ce qu’elle y fuit.
Une maison construite il y a trente-cinq ans au cœur des bois
La maison que Zabou Breitman s’est fait construire au Cap-Ferret date de trente-cinq ans. Elle se dresse au milieu des pins, des genêts et des arbousiers – ces arbustes typiques du littoral atlantique. Un choix de localisation qui n’est pas anodin: préférer cette parcelle ensablée à la cité balnéaire voisine, c’est d’emblée prendre le contre-pied de la fréquentation estivale conventionnelle.
Ce refuge personnel, elle le décrit comme un lieu où son cœur s’accélère à chaque arrivée, comme si elle retrouvait « un fiancé ». Et à chaque départ, la sensation inverse: une séparation. Cette formule révèle l’attachement viscéral, presque physique, qu’elle éprouve pour cet endroit. Pas une maison de vacances ordinaire, donc, mais un espace émotionnel structurant, un point d’ancrage loin de l’agitation des tournages et des événements culturels parisiens.
Fuir la « colonie » touristique pour retrouver une authenticité perdue
Pourquoi Arès plutôt que le Cap-Ferret lui-même, pourtant célèbre et prisé? Zabou Breitman sourit en l’expliquant: elle a préféré s’échapper de la « colonie de pulls-saumon-pantalons-jaunes » qui niche là-bas. Une remarque teintée d’ironie qui épingle le décorum bourgeois du tourisme côtier. Le choix d’Arès, à ses yeux, « ressemble plus au Cap-Ferret d’autrefois » – celui d’avant la standardisation de la villégiature, avant que le littoral ne se couvre de résidences secondaires uniformisées.
L’actrice cherche moins le confort que l’authenticité. Ce qu’elle y respire, c’est une atmosphère de marais et de bois, l’eau, la coquille d’huître. Des odeurs qui parlent d’une géographie restée brute, d’un écosystème préservé. Un détail l’a frappée lors de cette rencontre: la présence d’hirondelles. « Elles avaient pratiquement disparu du Ferret », relève-t-elle. Cette observation traduit une vigilance écologique, une conscience que même les plus beaux sites peuvent se dégrader – et que s’y accrocher, c’est aussi participer à leur préservation.
Un refuge pour écrire, loin du bruit
La maison du Cap-Ferret n’est pas une pause touristique: c’est un atelier. Zabou Breitman s’y retire précisément pour écrire. Ce point est central dans sa compréhension du lieu. Il ne s’agit pas de farniente, mais de travail créatif – scénarios, dialogues, réflexions dramaturgiques. L’éloignement géographique sert un objectif professionnel.
Concrètement, cela signifie que ce territoire, avec son calme, ses nuages, ses oiseaux au-dessus des eaux silencieuses de la lagune, constitue un environnement fertile pour la création. À l’inverse du grondement des vagues du large – l’océan féroce -, le bassin d’Arcachon offre une eau placide. Cette géographie contrastée, entre lagune et océan, se traduit peut-être dans le travail d’écriture lui-même: un contraste entre le silence intérieur nécessaire à la création et l’agitation extérieure de la réalité professionnelle.
La « grande gueule » comme masque
Le titre de l’interview révèle une posture que Zabou Breitman elle-même énonce: « Être grande gueule, c’est une façon de cacher le reste. » Cette confession dépasse le simple jeu de mots ou l’auto-description amusée. Elle suggère que l’apparence publique – la personnalité affirmée, la présence médiatique – recouvre des couches plus intimes, des fragilités ou des réflexions qu’elle préfère garder en retrait.
Le Cap-Ferret devient alors l’inverse du masque: le lieu où ce « reste » peut exister sans témoin, où la grande gueule peut se taire. C’est là, parmi les pins et au-dessus des eaux calmes, que l’actrice et réalisatrice retrouve, peut-être, une forme de silence qui lui est nécessaire.
Un espace de transition, pas de fuite
Il serait réducteur de voir dans ce refuge une simple fuite. Le choix d’Arès plutôt que du Cap-Ferret urbanisé révèle une posture plus nuancée: ni rejet total du monde, ni acceptation béate de ses transformations. Zabou Breitman recherche les interstices, les endroits où le temps s’écoule encore selon d’autres rythmes, où les hirondelles reviennent.
Trente-cinq ans d’attachement au même lieu, c’est aussi une forme de fidélité. Pas celle de l’habitude, mais celle du choix régulièrement confirmé. À chaque retour, le même cœur qui s’accélère. À chaque départ, la même séparation. Ce cycle émotionnel, répété des décennies durant, fabrique une relation qui transcende la simple possession immobilière.
Le bassin d’Arcachon, avec ses lagunes silencieuses et ses hirondelles revenues, demeure pour Zabou Breitman ce qu’il était censé être: un refuge de création, un antidote au bruit, un endroit où ce qu’on cache peut, enfin, trouver une forme.
À retenir
- Zabou Breitman possède une maison à Arès, en Gironde, depuis trente-cinq ans.
- Elle utilise ce refuge du Cap-Ferret pour écrire loin du tumulte médiatique parisien.
- Sa maison est construite au cœur d' une forêt de pins, genêts et arbousiers.
- Elle décrit son attachement émotionnel au lieu comme retrouver un fiancé à chaque arrivée.
- Ce refuge représente un point d' ancrage personnel loin de l' agitation professionnelle.
Questions fréquentes
- Depuis combien de temps Zabou Breitman possède-t-elle une maison à Arès?
- L’actrice et réalisatrice y a fait construire sa maison il y a trente-cinq ans, au cœur d’une zone boisée parsemée de pins, de genêts et d’arbousiers.
- Pourquoi Zabou Breitman a-t-elle choisi Arès plutôt que le Cap-Ferret touristique?
- En préférant cette parcelle ensablée à la cité balnéaire voisine, elle a délibérément pris le contre-pied de la fréquentation estivale conventionnelle pour créer un véritable refuge personnel.
- Quel est l' usage principal que Zabou Breitman fait de cette maison?
- C’est un lieu où elle se retire pour écrire, loin du tumulte médiatique et des projecteurs qui accompagnent sa carrière parisienne.
- Comment Zabou Breitman décrit-elle son attachement à cette maison?
- Elle l’assimile à des retrouvailles avec un fiancé à chaque arrivée, et ressent une séparation à chaque départ, révélant un attachement viscéral et émotionnel à ce lieu.