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Madame Web : Dakota Johnson et Sydney Sweeney prennent leurs distances avec l’échec du film de super-héros

Madame Web, le film de super-héros réalisé par S. J. Clarkson et porté par Dakota Johnson, a enregistré un échec commercial et critique cuisant: 439 679 entrées en France en 2024 et 100 millions de dollars de recettes mondiales pour un budget de 80 millions. Face à ce fiasco, ses deux actrices principales ont pris publiquement leurs distances avec le projet, tandis que leur partenaire Tahar Rahim assume pleinement son choix.

Quand un film à gros budget s’effondre au box-office, c’est rarement dû à une seule cause. Madame Web en est l’illustration criante: Dakota Johnson et Sydney Sweeney, les deux actrices principales, ont choisi de se désengager du projet, expliquant un écart abyssal entre les attentes et le résultat final. Leurs déclarations révèlent un mécanisme bien connu à Hollywood – un processus de création éclaté, des choix artistiques érodés par des comités de direction, et un film qui a « changé en chemin ».

Dakota Johnson: « Ce n’était pas de ma faute »

Dakota Johnson, qui incarnait Cassandra Web, une ambulancière de Manhattan, s’est adressée au Los Angeles Times en juin 2025 pour justifier l’échec du film. Son argument est direct: elle n’en porte pas la responsabilité. L’actrice met en cause le processus décisionnel hollywoodien moderne. « Aujourd’hui, beaucoup de décisions créatives sont prises par un comité ou prises par des personnes qui n’ont pas l’âme d’un créateur. Et il est vraiment difficile de faire de l’art de cette manière, ou de faire quelque chose de divertissant de cette façon », explique-t-elle.

Ce qui frappe, c’est sa description du moment où tout a basculé. Johnson confie que « Madame Web a commencé comme quelque chose et s’est transformé en quelque chose d’autre. Et j’ai fait que suivre le mouvement à ce moment-là. » Traduction: le scénario, la tonalité, peut-être même la philosophie du film ont muté en cours de production, et elle n’a eu d’autre choix que de s’adapter. Pour contextualiser, Dakota Johnson venait des trois films 50 Nuances de Grey, un changement de registre vers l’univers des super-héros. Le contraste aurait pu lui permettre de rebondir; au lieu de cela, elle s’est retrouvée piégée dans une production instable.

L’actrice tempère néanmoins. Elle relativise l’échec en rappelant que « les films à gros budget échouent tout le temps » et affirme ne pas fermer la porte aux futurs projets de super-héros. « Il n’y a aucune partie de moi qui se dise: Oh, je ne referai plus jamais ça. J’ai même fait des petits films qui n’ont pas marché. Qui s’en soucie? » Son ton suggère une certaine lassitude face au sensationnalisme entourant cet échec.

Sydney Sweeney efface Madame Web de son existence

Sydney Sweeney, qui jouait Julia Cornwall, l’une des trois adolescentes au cœur du scénario, a adopté une stratégie différente: la dérision. Lors de l’émission Saturday Night Live en mars 2024, elle a ironisé publiquement sur son implication. « Vous m’avez sans doute vue dans Tout sauf toi et Euphoria, mais vous ne m’avez jamais vue dans Madame Web… » Une blague qui sous-entend clairement: ce film, je préférerais qu’il n’existe pas. C’est une forme de reniement public, léger mais tranchant.

Contrairement à Johnson qui explique les ressorts du dysfonctionnement créatif, Sweeney choisit l’humour corrosif. Son approche reflète peut-être le sentiment d’une actrice plus jeune, moins encline à la diplomatie face à un projet raté. Elle a travaillé sur Euphoria, une série qui a marqué sa génération; Madame Web, lui, disparaît de son CV officiel, du moins symboliquement.

Tahar Rahim: celui qui ne regrette rien
Tahar Rahim: celui qui ne regrette rien

Tahar Rahim: celui qui ne regrette rien

À l’inverse, Tahar Rahim, qui incarnait Ezekiel Sims (l’antagoniste du film), a choisi de ne pas se dédire. Lors du Festival de Cannes 2025, au micro de Première, l’acteur français a déclaré: « Je ne regretterai jamais les choix que j’ai faits, parce que quand j’ai fait Madame Web, je sais pourquoi je l’ai fait. »

Rahim reconnaît cependant la réalité du résultat: « Ce qui est parfois regrettable, c’est que le résultat n’est pas ce que tu espérais. » Il évoque un processus de production complexe et instable. Son personnage a subi d’importantes modifications en cours de route – un phénomène courant lors des reshoots ou des remontages. Il précise: « Ça a tellement changé en chemin. Et attention, je ne tire pas sur l’ambulance parce que quand on reçoit un film, on a le résultat, on a 2h, mais tout ce qui se passe avant, dans la construction… parfois c’est très compliqué. »

Ce commentaire est révélateur. Rahim admet implicitement que le travail en amont – pré-production, tournage, montage, effets visuels – a été chaotique. Il désolidarise son engagement personnel du fiasco final, en ayant la sagesse de ne pas chercher un bouc émissaire. C’est une posture plus résiliente que celle de Johnson ou Sweeney.

Les faits chiffrés: l’ampleur du désastre

Pour mesurer le gouffre, les chiffres parlent. Le film a totalisé 439 679 entrées en France en 2024 – pour comparaison, c’est l’équivalent d’une petite production, pas d’une blockbuster aux prétentions planétaires. Mondialement, il a engrangé 100 millions de dollars pour un budget de 80 millions. Sur le papier, ça paraît bénéficiaire; en réalité, quand on ajoute les coûts de marketing (souvent égaux au budget de production), le film a perdu de l’argent. Et surtout, il a enregistré un rejet critique et public dévastateur.

S. J. Clarkson, qui réalisait son premier long-métrage après des passages remarqués dans Dexter, Dr House et Orange Is the New Black (de la télévision au cinéma, donc), n’a pas fourni de déclaration publique similaire à celles de ses acteurs. Cela en dit long sur les hiérarchies de responsabilité dans les grands studios.

Madame Web au sein de l’univers Sony Spider-Man

Un point important: Madame Web n’appartient pas au Marvel Cinematic Universe (MCU) dirigé par Disney, mais au Sony’s Spider-Man Universe (SSMU) – l’univers parallèle que Sony construit en collaboration avec Marvel Entertainment. Les films sont produits par Columbia Pictures et distribués par Sony Pictures Releasing. Cette distinction compte: le SSMU a connu des débuts inégaux, et Madame Web représente l’un de ses plus cuisants revers.

Où l’on comprend comment l’on tourne à Boston pour montrer New York

L’intrigue se déroule à Manhattan, mais le tournage a majoritairement pris place dans le Massachusetts. Les équipes ont commencé à Boston en juillet 2022, puis se sont déployées à Chelsea, Andover et Worcester (août-septembre 2022). Ce n’est qu’en octobre 2022 que l’équipe a tourné à New York proprement dite, notamment à Grand Central Terminal. Des scènes ont aussi été réalisées au Mexique. Ce découpage géographique et temporel – qui s’étale sur plusieurs mois et plusieurs États – illustre la complexité d’une production aux enjeux financiers lourds, où chaque jour compte.

La suite pour Dakota Johnson: rebondir

Après Madame Web, Dakota Johnson s’est orientée vers d’autres projets. Elle a tenu le rôle principal dans la comédie romantique Materialists (2025), aux côtés de Pedro Pascal, puis dans Libre Échange, présenté à Cannes Première en 2025. Elle apparaîtra également dans Verity, l’adaptation du roman de Colleen Hoover prévue pour le 30 septembre 2026, où elle jouera face à Anne Hathaway. C’est un repositionnement stratégique: loin des super-héros, vers des drames et des comédies plus ciblés.

Ce qui émerge de cette saga, c’est un portrait du cinéma de divertissement contemporain: quand les comités de production prennent le pas sur la vision créative, quand les scripts mutent en cours de production, quand les acteurs se retrouvent à « suivre le mouvement », les résultats deviennent imprévisibles et souvent décevants. Madame Web en est la cristallisation.

À retenir

  • Madame Web a enregistré 439 679 entrées en France et 100 millions de dollars de recettes mondiales pour un budget de 80 millions.
  • Dakota Johnson et Sydney Sweeney ont pris publiquement leurs distances avec le film réalisé par S. J. Clarkson.
  • Dakota Johnson accuse le processus décisionnel hollywoodien moderne et les comités de direction d' avoir érodé les choix artistiques.
  • Tahar Rahim assume pleinement son choix de participer au projet contrairement à ses deux actrices principales.

Questions fréquentes

Quel a été le bilan commercial de Madame Web?
Le film a enregistré 439 679 entrées en France en 2024 et 100 millions de dollars de recettes mondiales pour un budget de 80 millions, ce qui représente un échec commercial cuisant.
Pourquoi Dakota Johnson a-t-elle pris ses distances avec le film?
L’actrice a déclaré au Los Angeles Times qu’elle n’était pas responsable de l’échec, mettant en cause les décisions créatives prises par des comités plutôt que par des créateurs véritables.
Quelle était la différence entre Dakota Johnson et Tahar Rahim face à l'échec?
Dakota Johnson et Sydney Sweeney ont publiquement pris leurs distances avec le projet, tandis que Tahar Rahim a assumé pleinement son choix de participer au film.
Qui a réalisé Madame Web et quel était le rôle de Dakota Johnson?
Le film a été réalisé par S. J. Clarkson et Dakota Johnson incarnait Cassandra Web, une ambulancière de Manhattan.
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