Le film « Pour le plaisir » de Reem Kherici réunit Alexandra Lamy et François Cluzet dans une comédie qui s’attaque au tabou de l’orgasme féminin. Un projet cinématographique qui entend libérer la parole sur un sujet encore délicat en France.
Reem Kherici signe avec « Pour le plaisir » une œuvre qui ose aborder de front l’intimité féminine. La réalisatrice franco-tunisienne, connue pour ses comédies à succès, réunit cette fois Alexandra Lamy et François Cluzet dans un casting qui promet de faire parler. Le film explore la quête de l’épanouissement sexuel féminin, territoire encore largement inexploré par le cinéma français grand public.
Alexandra Lamy et François Cluzet au cœur d’un casting ambitieux
Le duo formé par Alexandra Lamy et François Cluzet constitue l’un des atouts majeurs de cette production. L’actrice, révélée dans « Un gars, une fille » et confirmée au cinéma avec « L’Auberge espagnole », apporte sa capacité à naviguer entre comédie et émotion. François Cluzet, figure incontournable du cinéma français depuis « Ne le dis à personne », prête sa crédibilité dramatique à cette exploration de l’intimité conjugale.
Le casting s’enrichit également de la présence de Franck Dubosc, habitué des comédies populaires françaises. Cette configuration d’acteurs expérimentés traduit la volonté de Reem Kherici de légitimer un sujet souvent relégué aux productions confidentielles ou aux œuvres d’auteur.
Reem Kherici face au défi de la désacralisation
Pour la réalisatrice, l’enjeu était clair : « Il fallait désacraliser le sujet ». Cette approche directe s’inscrit dans la continuité de sa filmographie, où Reem Kherici n’hésite pas à bousculer les codes du divertissement français. Après « Paris à tout prix » et « Jour J », elle confirme sa volonté de traiter avec humour des questions sociétales contemporaines.
Le choix de la comédie pour aborder l’orgasme féminin n’est pas anodin. Ce registre permet de contourner la pudeur française traditionnelle tout en rendant accessible un discours sur la sexualité. La facétieuse approche de Kherici vise à créer un espace de dialogue là où règne souvent le silence.

Un film qui entend révolutionner les mentalités
L’ambition affichée de « Pour le plaisir » dépasse le simple divertissement. Le projet se positionne comme un vecteur de libération de la parole sur un tabou persistant. Dans une société française où les questions d’égalité hommes-femmes occupent une place croissante dans le débat public, ce film arrive à un moment propice.
La dimension révolutionnaire revendiquée par l’équipe du film s’appuie sur l’idée que le cinéma grand public peut contribuer à faire bouger les choses. Cette ambition sociale du septième art français trouve ici une nouvelle expression, après les succès critiques et commerciaux de films comme « 120 battements par minute » ou « Pupille ».
La bonne humeur comme stratégie narrative
L’avant-première du film a confirmé l’atmosphère de bonne humeur garantie promise par le projet. Cette tonalité joyeuse constitue un pari audacieux : traiter sérieusement un sujet intime sans tomber dans la gravité pesante. Reem Kherici mise sur le rire pour faire accepter des vérités parfois dérangeantes sur les relations amoureuses contemporaines.
Cette stratégie narrative place « Pour le plaisir » dans la lignée des comédies françaises engagées, un genre qui a prouvé sa capacité à toucher un large public tout en portant un message. Le défi reste de maintenir l’équilibre entre divertissement et propos militant, écueil sur lequel butent parfois les œuvres trop explicitement didactiques.