ActuFed en changement de cap: l'or recule sous 4 700 $, mais...

Fed en changement de cap: l’or recule sous 4 700 $, mais le marché refuse encore de trancher

L’or est retombé sous 4 700 dollars l’once, un repli qui tranche avec la hausse quasi verticale observée entre fin 2025 et début 2026. Pour une partie des analystes, ce mouvement ressemble moins à un retournement qu’à une phase d’attente: le métal jaune reste coincé entre l’attrait de la valeur refuge, nourri par les tensions géopolitiques, et la contrainte d’un environnement de taux américains incertain. L’idée d’un changement de cap de la Réserve fédérale circule dans les commentaires de marché, mais la trajectoire de l’or reste indécise, faute de signal unique dominant.

Un repli sous 4 700 $ après une hausse proche de 40 % fin 2025-début 2026

Le recul sous 4 700 $ intervient après une séquence de hausse qualifiée de quasi verticale par plusieurs observateurs. Invezz et TradingView rappellent qu’entre fin 2025 et début 2026, l’or a gagné près de 40 %, une performance qui a mécaniquement accru la sensibilité du marché à la moindre prise de bénéfices. Dans ce contexte, un repli technique n’a rien d’anormal: il peut traduire une respiration après un mouvement trop rapide, plutôt qu’un changement de régime.

Le point clé est la lecture qu’en font les professionnels. Selon Invezz, des experts évoquent davantage un plateau qu’un effondrement. Cette nuance compte: un plateau signifie que le marché cherche un nouveau point d’équilibre, avec des acheteurs qui restent présents mais plus sélectifs, et des vendeurs qui n’arrivent pas à imposer une tendance baissière durable. Autrement dit, le prix baisse, mais la conviction directionnelle ne s’installe pas.

Cette hésitation se voit aussi dans la structure du marché. TradingView souligne qu’une baisse des positions longues peut, paradoxalement, rouvrir un potentiel de hausse si elle assainit l’excès d’optimisme. Le message implicite est simple: après une envolée, l’or a besoin de temps pour digérer, et la consolidation peut être un passage obligé avant une reprise, ou avant une correction plus profonde si les catalyseurs se retournent.

La succession à la Fed et la lecture des taux brouillent le signal pour l’or

Le débat sur la Fed pèse sur le marché de l’or parce qu’il touche à deux variables déterminantes: le niveau des taux réels et la trajectoire du dollar. Si la banque centrale apparaît plus accommodante, l’or bénéficie souvent d’un coût d’opportunité plus faible. Si elle reste restrictive, le métal peut souffrir face à des rendements obligataires plus attractifs.

Or, selon Rhona O’Connell, responsable de l’analyse de marché chez StoneX, citée par Invezz et TradingView, les grands investisseurs pourraient rester en retrait dans les prochaines semaines, précisément à cause de l’incertitude entourant la succession à la tête de la Fed. Ce point est moins technique qu’il n’y paraît: une transition, ou même la perception d’une transition, peut modifier les anticipations de politique monétaire, donc la valorisation de l’or. Tant que le marché ne sait pas quel type de banque centrale il aura face à lui, il hésite à prendre des positions directionnelles trop marquées.

Cette prudence se combine à une question plus large: la lutte contre l’inflation est-elle considérée comme suffisamment avancée pour justifier un biais plus accommodant, ou les tensions sur les prix restent-elles assez fortes pour forcer la Fed à maintenir un ton ferme? Reuters, dans un point daté du 24 avril, indique que l’or se dirigeait vers sa première baisse hebdomadaire en cinq semaines, sur fond de préoccupations persistantes liées à l’inflation, dans un contexte d’incertitudes géopolitiques autour de l’axe États-UnisIran. Le résultat est un marché tiré dans deux directions: valeur refuge d’un côté, contrainte monétaire de l’autre.

Détroit d’Ormuz, Iran: le statut de valeur refuge soutient l’or, mais par à-coups

La dimension géopolitique reste un moteur central, mais son effet n’est pas linéaire. Rhona O’Connell explique, selon Invezz, que les marchés de l’or et de l’argent ont été très attentifs aux développements dans le détroit d’Ormuz ces dernières semaines. Ce couloir est crucial pour le commerce énergétique mondial, et chaque rumeur ou incident perçu comme une menace potentielle peut déclencher des mouvements rapides.

Invezz rapporte aussi un épisode révélateur: un titre affirmant à tort que le détroit était ouvert a été retiré, après avoir déjà provoqué un mouvement violent, avec un pic d’environ 5 %. L’intérêt de cet exemple est double. D’abord, il montre la nervosité des marchés, capables de réagir à une information avant même qu’elle soit stabilisée. Ensuite, il illustre pourquoi la trajectoire de l’or peut rester indécise: quand le flux d’actualité géopolitique est discontinu, les prix avancent par à-coups, alternant phases de ruée vers la sécurité et phases de normalisation.

Dans ce cadre, l’or n’est pas seulement un actif macro indexé sur les anticipations de taux. Il devient un baromètre de risques extrêmes, mais un baromètre soumis au tempo des dépêches, aux démentis et aux ajustements de perception. Cette dynamique favorise les consolidations: les acheteurs de long terme peuvent attendre des points d’entrée plus clairs, pendant que les opérateurs plus tactiques exploitent la volatilité liée aux nouvelles.

Argent plus volatil, or plus plateau: ce que disent StoneX et les signaux techniques

Le comportement comparé de l’argent et de l’or apporte un éclairage utile. Selon Invezz, l’argent reflète les mouvements de l’or, mais avec une volatilité nettement supérieure. C’est un classique: marché plus étroit, sensibilité industrielle plus marquée, et réactions souvent amplifiées aux mêmes catalyseurs. Pour les investisseurs, cette différence agit comme un indicateur de nervosité: quand l’argent s’emballe, cela peut signaler une prise de risque accrue, mais aussi une fragilité.

Razan Hilal, analyste chez StoneX, avertit selon Invezz que l’or et l’argent entrent dans une phase techniquement fragile, avec une consolidation près de niveaux de cassure jugés critiques. Le terme fragile ne signifie pas forcément baissier. Il décrit un état où le marché est proche de seuils qui, s’ils sont franchis, peuvent déclencher des ordres automatiques, des ajustements de couverture et des mouvements rapides. Dans ce type de configuration, l’indécision domine jusqu’à ce qu’un catalyseur tranche, qu’il soit monétaire (signal de la Fed), géopolitique (escalade ou détente) ou lié aux données d’inflation.

TradingView mentionne également l’idée d’un marché pris entre deux forces, une formulation qui colle bien à la situation actuelle: d’un côté, la demande de protection face aux risques géopolitiques et à l’inflation, de l’autre, l’arbitrage permanent avec les rendements américains et le dollar. Tant que ces forces restent d’intensité comparable, la trajectoire la plus probable est celle d’une oscillation, avec des phases de rebond et de repli, plutôt qu’une tendance propre et continue.

Ce climat explique aussi pourquoi certains commentaires issus de l’analyse technique, comme ceux relayés sur les réseaux sociaux par des acteurs de marché, insistent sur des scénarios alternatifs (vagues d’Elliott, niveaux de Fibonacci). Ces grilles de lecture prospèrent dans les périodes où le macro ne délivre pas de verdict clair. Elles ne remplacent pas les fondamentaux, mais elles servent de langage commun à une partie des opérateurs pour gérer une consolidation qui peut durer, et où le timing compte autant que la direction.

À consulter sur LeMetro

Toyota vend le siège avant de la Crown en fauteuil de bureau à 2 600 euros, série limitée à 70

Toyota transforme un objet automobile en produit de bureau....

Le nouveau thriller d’action Netflix avec Charlize Theron trébuche sur son score public Rotten Tomatoes

Charlize Theron revient en tête d'affiche d'un thriller d'action...