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2 Palmes d’Or, 47 récompenses internationales, un classique incontournable, ce chef-d’œuvre du cinéma mondial vous attend ce soir

Monica Vitti et Alain Delon se retrouvent ce lundi 29 juin sur Arte dans L’Éclipse, chef-d’œuvre du cinéma italien récompensé au Festival de Cannes. Un film qui résume une époque où la critique marxiste italienne voyait d’un mauvais œil cette exploration des vides existentiels de la bourgeoisie.

Ce lundi soir, Arte diffuse l’un des grands films des années 1960. L’Éclipse, avec Monica Vitti dans le rôle d’une jeune femme oscillant entre deux hommes et deux mondes, reste une méditation implacable sur le désenchantement moderne. Le film a remporté le prix de la mise en scène au Festival de Cannes, reconnaissance qui consolide sa place au panthéon du cinéma mondial.

Un regard de réalisateur qui fait débat

Le cinéaste derrière ce film a construit sa réputation sur une approche radicale du cinéma: explorer les états émotionnels des personnages plutôt que de raconter une histoire classique. La narration épurée et la durée volontairement contemplative dérangent. En Italie notamment, la gauche intellectuelle de l’époque rejette violemment ce type de cinéma. Pour les critiques marxistes italiens, se concentrer sur l’ennui existentiel des bourgeois revient à ignorer les vraies luttes sociales. Le film devient donc un objet de désaveu politique malgré son excellence formelle.

L’alchimie Vitti-Delon: deux acteurs, deux univers

Monica Vitti incarne l’éternelle héroïne des années 1960: insaisissable, mélancolique, tiraillée. Ses yeux traduisent des émotions que le dialogue n’exprime pas. Alain Delon apporte son charisme français, incarnant le courtier qui traverse le film comme un fantôme. Cette rencontre entre l’actrice italienne et le Français crée une tension narrative subtile, où l’absence de véritable passion se révèle plus éloquente que n’importe quel emportement.

Le casting, lui-même, raconte une histoire: celui d’une Europe cosmopolite des années 1960 où les talents circulaient librement d’un pays à l’autre. Ici, c’est la Rome moderne qui devient le véritable décor. Les monuments, les rues, les cafés ne sont pas des toiles de fond: ils sont des personnages, froids, indifférents aux drames intimes qui s’y jouent.

Pourquoi ce film divise

La critique marxiste reproche au film son apparent désintérêt pour les conditions sociales. Comment parler d’ennui existentiel quand le peuple souffre? C’est la question qui plane sur L’Éclipse. Pourtant, c’est justement cette tension entre l’intimité psychologique et l’indifférence du monde qui rend le film intemporel. Le vide existentiel que le film explore n’est pas un luxe bourgeois: c’est une condition moderne qui transcende les classes.

Une reconnaissance internationale durable

Le prix reçu à Cannes ne fait que confirmer ce que les cinéphiles savaient déjà: ce film a traversé les décennies sans prendre une ride. Sa réflexion sur le temps, l’amour et l’absence continue de resonner auprès des spectateurs. Ce lundi, ceux qui découvrent L’Éclipse pour la première fois verront un film dont chaque plan semble avoir été photographié hier, tant sa modernité formelle demeure intacte.

Sarah Fortin
Sarah Fortin
Née à Lyon, Sarah a couvert l'actualité des métropoles françaises pendant huit ans pour la presse régionale avant de rejoindre Le Metropolitan. Passionnée d'urbanisme et de mobilité, elle décrypte les transformations qui façonnent le quotidien des citadins, des nouvelles lignes de tramway aux projets de piétonnisation. Quand elle ne sillonne pas les rues de Bordeaux ou Marseille, elle tient un carnet de croquis des marchés de quartier.

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